Ressources

Ressources ludiques et éducatives en rapport avec le monde du nautisme et de la mer

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Vous trouverez ici non seulement des jeux éducatifs, mais également des initiations à l'écologie marine, la description de certains processus environnementaux, et tout simplement des cours, leçons ou informations sur le monde de la voile, les différents bateaux, l'histoire du nautisme etc.

Nous sommes heureux de vous proposer une section dont le but est d'être aussi vaste et intéressante que possible, même pour des personnes n'ayant aucune connaissance du nautisme ou de l'écologie, mais surtout nous espérons qu'elle puisse être interactive. Nous vous invitons à nous proposer par courriel à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. toute idée d'article ou information que vous aimeriez partager, ou tout commentaire. Votre avis et vos idées nous intéressent, et nous pensons également qu'ils intéressent nos lecteurs.

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Les différents aspects de l'écologie

Aujourd'hui, on entend beaucoup parler d'écologie. Le mot se répand rapidement, semble concerner tous les domaines de la vie quotidienne et influer sur les sphères politiques et économiques, sans qu'on ne prenne nécessairement le temps de s'intéresser à ce qu'est à proprement parler l'écologie. Mais c'est ce que nous allons faire dans cet article, et même un peu plus, en parlant de ses origines, et de la façon dont elle veut (et, semble-t-il, doit) s'insérer dans les différents domaines d'activité humaine.

Commençons par préciser que tous nos articles dédiés à l'écologie ou aux sciences qui la composent sont pensés comme une introduction. Vous trouverez à la fin de cette rubrique une liste de liens approfondissant le sujet pour ceux qui le souhaitent, mais la documentation sur le sujet est particulièrement dense et s'intensifie de jour en jour au vu de la place prépondérante que prend l'écologie dans les sciences, l'économie et la société, vous n'aurez donc aucun mal à trouver des informations sur Internet ou même en bibliothèque si nous avons réussi à capter votre attention.

Histoire du concept

Le mot "écologie" est dérivé des mots grecs "oikos" (maison, habitat) et "logos" (discours, science). Lorsqu'on parle d'écologie, on entend généralement la bioécologie (c'est-à-dire la science qui s'intéresse au développement et l'adapation de la vie dans différents milieux, l'interaction entre les différentes formes de vie dans ces milieux, et le lien entre ces milieux et la vie qui y habite), mais par soucis de simplicité nous nous en tiendrons au terme d'écologie.

On peut faire remonter la notion d'écologie aux premiers philosophes. On considère en Occident que la philosophie naît en Grèce Antique au Ve siècle avant Jésus-Christ avec Platon car c'est lui qui nous a laissés le plus d'ouvrages complets sur la métaphysique et les sciences en général, bien que l'on ait des traces éparses de philosophes grecs antérieurs. Si nous faisons ici coïncider la naissance de l'écologie et les premiers philosophes dont nous ayons des traces, c'est parce que ces philosophes prenaient des faits naturels et les idéalisaient en les érigeant en "principes". Si nous n'entrerons pas dans le détail, et si ce genre de pratiques spirituelles est probablement bien antérieure aux hommes qui nous ont laissé des traces écrites, il nous faut dire que ce genre d'idées place la nature au premier plan, et selon les idéologies, l'homme doit vivre en harmonie avec elle, ou s'y soumettre. Mais rares sont les philosophies faisant d'éléments naturels des "principes premiers" impliquant une domination de l'homme sur la nature, car ces philosophies basent toute la réalité sur un principe naturel qui préexistait à tout, y compris les hommes.

On peut même considérer que c'est un domaine qui, sous une forme ou une autre, a toujours existé chez l'homo sapiens, car l'écologie au sens large, touchant à la vie, touche aussi aux modes d'alimentation, à la gestion des ressources de cueillette et de chasse, à la confection de vêtements etc.

En effet, nomades et sédentaires ont toujours dû s'intéresser à la gestion du vivant (ou au moins à sa compréhension, si rudimentaire soit-elle) pour subvenir à leurs besoins. Le développement rapide de l'agriculture en Mésopotamie est un bon exemple : malgré de fortes contraintes (aridités et sols pauvres), la période mésopotamienne antique (- 9000 ans avant JC) marque pour beaucoup la naissance des grandes civilisations indo-européennes (bien que d'autres foyers d'agriculture permettent à d'autres civilisations de voir le jour à peu près en même temps dans d'autres parties du monde). Non seulement on peut admirer ces hommes qui en quelques siècles ont su aménager leur habitat, faisant preuve d'une certaine compréhension des écosystèmes et des rapports qu'ils entretiennent entre eux et avec l'ensemble du vivant qu'ils hébergent, mais il faut aussi considérer que la quête de la compréhension du vivant est encore antérieure : on estime que l'espèce Homo Sapiens apparaît vers -200 000 à -300 000 ans avant JC. De sa naissance à la conquête tout au moins partielle des écosystèmes qui l'abritent avec le développement massif de l'agriculture, l'homme doit connaître parfaitement les comportements des animaux qui l'entourent, les fruits comestibles, les plantes thérapeutiques, la confection d'outils avec son environnement etc. C'est déjà une certaine forme d'écologie, puisqu'il cherche à comprendre son environnement pour le contrôler. La différence principale entre cette écologie et la nôtre est la façon dont on fait aujourd'hui la science, voir plus loin nos considérations sur les révolutions scientifiques du XVIIe et XVIIIe siècles.

Mais les traces écrites qui s'intéressent à la science les plus anciennes que nous possédons viennent des phisiologoi (qu'on pourrait traduire par "ceux qui discourrent sur la nature"), philosophes pré-socratiques, du IXe au Ve siècle avant Jésus-Christ. Thalès, le plus ancien, considérait que l'élément premier qui définissait tout le reste de la nature était l'eau. Si ses théories sont difficilement apparentables à ce que nous appelons aujourd'hui "écologie", il faut là noter qu'une des idées les plus anciennes dont nous ayons des traces concerne un milieu naturel, bien qu'il lui soit ajouté tout un aspect métaphysique, et que ce principe était censé expliquer les interactions biologiques et physiques. Pythagore, fameux pour son théorème, lui aussi antérieur à Socrate, est à l'origine d'une pensée qui se veut protectrice du vivant, étant lui-même végétarien, et ayant donné lieu à des théories sur les interactions entre le vivant et les milieux dans lesquels il évolue.

Cette introduction historique qui pourra sembler bien longue à certains de nos lecteurs ne vise qu'à montrer que l'écologie, sous une forme ou une autre, de manière plus ou moins poussée, est depuis longtemps une préoccupation des hommes, bien que sa conception et ses enjeux soient d'un tout autre degré de nos jours. Nous pourrions également faire mention de mythes bien antérieurs à l'essor de la Grèce Antique, en Inde par exemple, centrés sur le rapport de l'homme à la nature, sur le rapport entre différents animaux entre eux et/ou par rapport à leur milieu. Mais jusqu'ici, tout est principalement centré sur l'éthique, et sur des spéculations métaphysiques, dont les fondements scientifiques au sens moderne sont discutables, ce qui n'empêche pas beaucoup de ces mythes et théories anciennes de contenir une certaine part de vérité.

En Occident, c'est avec les révolutions industrielles successives à partir du XVIIe, après la découverte de la méthode scientifique, que l'écologie au sens moderne naît. Par le développement de la physique, de la chimie, et par la suite de la biologie et de théories économiques et politiques, des centaines de scientifiques, appartenant à des branches différentes, posent les bases scientifiques des premières théories écologiques qu'on peut maintenant appeler scientifiques, en réponse aux problèmes environnementaux liés aux industries et aux questions soulevées par la compréhension toujours grandissante du monde qui les entoure.

La conception moderne de l'écologie

Plus récemment, l'écologie prend un aspect fondamental dans la société avec la prise de conscience des effets de l'activité humaine sur l'environnement. En 1972, le premier Sommet de la Terre à Stockholm, constitué de délégations internationales, donne lieu au Programme des Nations Unies pour l'environnement. L'économie se développe également autour de la problèmatique du développement durable, donnant lieu à des doctrines économiques innovantes centrées autour de la préoccupation de maintenir des sociétés prospères sur le long terme, et de donner ce niveau de vie aux sociétés qui n'en bénéficient pas. C'est là où l'écologie veut se matérialiser dans une optique très précise de préserver l'environnement pour les sociétés qui ne peuvent bénéficier d'autant de ressources que d'autres sociétés, et pour les générations futures. Nous développerons cet aspect précis de l'écologie dans un article suivant à propos du développement durable.

L'écologie devient politique, économique, sociétale, et même sujet de science pour elle-même. Hormis la volonté de transmission et d'équité des ressources, il y a aussi tout un aspect culturel à l'écologie. Dans d'autres sociétés qui n'ont pas eu de révolution industrielle marquée, cet aspect culturel se constate d'ailleurs très bien, il est parfaitement mélangé au quotidien des individus. Ce mouvement culturel écologique qui naît dans les années 1960-1970 ne se pense pas sans les nouveaux mouvements idéologiques qui naissent ou prennent leur essor à la même époque tels que le féminisme, l'altermondialisme, le pacifisme etc. Cet aspect culturel veut s'insérer dans l'ensemble des autres domaines du quotidien dans les pays développés, comme un "retour aux sources".

Cette nouvelle conception de l'écologie, portée par la science et des mouvements culturels divers, donne lieu à un changement de paradigme sociétal. Les révolutions scientifiques et culturelles des derniers siècles avaient placées l'homme au centre de l'univers. De nombreux penseurs ont ainsi participé à donner à toute une civilisation l'idée que l'homme pouvait sans être rappelé à sa nature d'espèce parmi les autres contrôler son environnement, y compris le vivant. L'écologie devient alors la prise de conscience des limites de l'anthropocentrisme. C'est également la (re)naissance en Occident de l'idée que l'homme n'est qu'une espèce parmi d'autres.

Un des passages les plus marquants de ce changement de paradigme culturel est la critique de la société de consommation. En effet, après la seconde guerre mondiale, les théories économiques et la nécessité de reconstruction (ou, dans le cas des États-Unis, de construction sur une grande partie du territoire), permettent un essor économique très important. En même temps naissent les critiques de ce nouveau modèle sociétal, par contestation et par conscience environnementale. C'est aussi la naissance de partis politiques qui axent l'essentiel des actions proposées sur l'environnement, parfois de manière quelque peu irréaliste, en France mais aussi dans d'autres pays.

Nous verrons que la génèse du développement durable recoupe beaucoup de choses qui sont contenues dans ce que nous appelons ici l'écologie politique. Néanmoins, cette dernière se distingue ontologiquement : elle est d'abord culturelle, vise une nouvelle façon de penser, là où le développement durable vise des actions concrètes directes, même si ces actions naissent de ces idées écologiques nouvelles. Cette naissance du développement durable s'accompagne aussi de la convergence de disciplines scientifiques diverses.


Aujourd'hui, si les sociétés ne sont pas complètement transformées par cette révolution écologique souhaitée par nombre de citoyens et d'instances étatiques, les thèmes majeurs de l'écologie sont mis en valeur dans bon nombre de pays, riches ou moins riches. L'insistance sur des actions visant la conservation de l'environnement, l'idée qu'il faut préserver la vie, que toute vie a sa valeur en elle-même, les réglementations, les taxes (carbone, droit à polluer etc.), les théories scientifiques, l'évolution de l'économie, et bon nombre d'autres choses, issues de domaines très divers que l'on n'a pas forcément toujours fait converger vers un même but, tout cela montre assez bien l'importance que prend de nos jours l'écologie. Mais comme nous l'avons vu, c'est un sujet qui a toujours occupé les sociétés, car on a compris très tôt que l'environnement et la vie qui l'habite sont liés, et que la survie de notre espèce passe par un contrôle de nos activités et de leurs effets ou au moins d'une harmonie avec l'environnement. La différence majeure entre notre époque et celles des civilisations antiques est l'intensité de l'impact de l'homme sur l'environnement (liée notamment au nombre d'humains et à leur mode de vie) et les moyens de contrôler cet impact, ou à défaut d'engager des solutions aux problèmes qu'il soulève, ainsi que l'échelle de ces problèmes (on pense aujourd'hui les écosystèmes à l'échelle de la planète, d'où les Sommets de la Terre, entres autres, là où bien souvent, mais pas systématiquement, on pensait les écosystèmes de manières séparées, voir notamment à ce propos les théories Gaïa).

On peut toutefois se demander si un des points précédemment soulevés, à savoir la façon moderne de considérer les écosystèmes, c'est-à-dire comme interagissant entre eux au niveau planétaire, est vraiment nouvelle, si l'intérêt porté à la préservation de nos ressources n'est pas qu'un oubli civilisationnel de quelques siècles. Au regard de l'attitude de beaucoup de peuples qui nous sont contemporains à l'égard de l'environnement, et même au regard des textes mythiques fondateurs de notre civilisation, on peut se rendre compte que l'idée que tout le vivant et ce qui le permet est lié dans l'espace et dans le temps n'est pas une idée récente. On peut probablement considérer que l'essor scientifique, tout en nous donnant plus de moyens de penser le vivant et d'agir sur lui, nous a aussi temporairement écarté d'idées présentes dans les traditions les plus anciennes en donnant à penser que l'homme peut se rendre maître de son environnement et ne pas en subir les conséquences.

La pollution et sa place dans les sociétés humaines

On pense généralement la pollution comme une dégradation d'un écosystème par des éléments qui n'y sont pas trouvés naturellement, l'altérant de manière plus ou moins significative. Ainsi, bien souvent la pollution est d'origine humaine car notre espèce est la plus susceptible d'apporter dans un système donné un élément qui n'y a pas sa place. Mais on peut aussi considérer les retombées d'une éruption volcanique comme étant de la pollution. Selon cette acceptation, on peut donc aussi parler de pollution sonore. La notion interroge le concept de "nature" qui se trouve dans cette définition être opposé à celui de "culture", deux concepts que l'on peut penser autrement que par opposition. Un des enjeux de l'écologie moderne est justement de concilier ces deux concepts, afin de ne plus penser l'homme comme maître de ou subordonné à la nature, mais au contraire de les penser en harmonie.

Avec le développement des activités humaines, notamment depuis la sédentarisation de l'espèce, bien que les nomades produisent aussi des pollutions, la pollution s'est intensifiée. Comme pollution pré-sédentaire, on trouve probablement en tête de liste le feu et les déjections (selles et urines). En effet, non seulement il faut parfois faire appel à des éléments qui ne sont pas présents à portée de main pour produire le feu, mais sa combustion produit comme nous le savons du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, et il laisse aussi des traces sur les sols. Néanmoins, nous parlons ici d'une époque où ces pollutions avaient un impact insignifiant sur les écosystèmes dans lesquels ils se produisaient, et quasiment nul à l'échelle planétaire.

L'essor des civilisations antiques pratiquant la metallurgie, bien que cela nécessite des feux puissants et engendre des métaux qui se retrouveront à un stade ou un autre dans la nature, eut un impact très négligeable à l'échelle planétaire, comparé à ce qu'ont pu engendrer les révolutions industrielles. Néanmoins, ces activités ont été sources de problèmes pour les écosystèmes locaux et les habitants des villes (notamment pollution de l'air). Notons aussi, que ce soit aux débuts de la sédentarisation ou aujourd'hui, que la pollution est beaucoup plus présente dans les villes que dans les campagnes. Cela s'explique principalement par le nombre et la concentration des individus et de leurs activités, autant industrielles que domestiques.

Dans les villes, la pollution, quelle que soit son origine, humaine ou "naturelle", a toujours été et est encore un problème majeur. Pendant longtemps l'évacuation des eaux usées, des déjections et des déchets divers a été un problème, quand bien même dés l'Antiquité on trouvait à Rome dans ses périodes fastueuses des réseaux d'eau courante et une voirie fonctionnelle (le Cloaca Maxima par exemple). Même lorsqu'il existe des solutions à ces problèmes, elles provoquent généralement des conséquences environnementales non prévues, ou acceptées comme un moindre mal.

Il est à noter que le concept de pollution s'inscrit dans un contexte temporel biocentré. C'est-à-dire que l'apparition du concept et la résolution des problèmes de pollution naissent de l'idée que la vie est importante et que le temps considéré est celui d'une vie d'homme, ou de plusieurs vies d'hommes. Si cela paraît tout à fait naturel de penser ainsi, il faut comprendre que ce qui est pollution en l'état actuel pour une ou des espèces en particulier peut devenir un formidable vecteur de vie par la suite. Si cela est difficilement concevable au stade actuel de l'avancée scientifique pour les déchets nucléaires et les métaux lourds en général, on peut prendre comme exemple le stockage des déchets organiques. On imagine facilement les nuisances que peuvent provoquer ce type de déchets, ainsi que les pollutions engendrées à court terme pour l'écosystème les abritant. Un stockage important et concentré de ces déchets sur tel écosystème pourrait forcer les espèces animales à migrer, et les espèces végétales à mourir du fait du changement brusque de la composition des sols. Mais à terme, c'est toute une vie souterraine différente qui peut être amenée à se développer. Cela se produirait sur un laps de temps assez court, mais sur des siècles, des millénaires ou des centaines de millénaires, c'est un phénomène qui peut mener au développement de formes nouvelles de vies animales. Bien sûr ceci n'est qu'une expérience de pensée, mais l'histoire du vivant a montré que le changement de composition d'un écosystème avait des effets sur les formes de vie les abritant, et c'est même un des thèmes de l'écologie. Ce paragraphe n'a pas pour but d'ouvrir une nouvelle conception de la pollution, mais d'amener à considérer que la pollution n'existe que selon un certain point-de-vue. In fine, comme l'avait observé Lavoisier : "Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme".

Aujourd'hui, les moyens de lutte contre la pollution sont nombreux et en constant progrès. Néanmoins les sources de pollution sont au moins aussi nombreuses, et il nous est souvent beaucoup plus facile et plus rentable (à court terme du moins) de polluer que de dépolluer ou au moins de s'astreindre à une certaine intensité de pollution. Sans même parler du reste des industries et des particuliers, les seuls engrais et pesticides à des fins agricoles coûtent, selon un rapport du Ministère de l'Écologie de 2011, entre 1 et 1,5 milliard d'euro par an. On se retrouve face au cas dont nous parlions précédemment : un problème (pas assez de productions, maladies végétales etc.) résolu (engrais et pesticides) en provoque un autre (pollution des eaux), qu'il faut alors résoudre. Ici, on se retrouve à la fin de ce cercle, puisque nous avons besoin d'eau pour vivre, et que notre nourriture pollue indirectement notre eau par ses moyens de production. Le problème de polluer les eaux n'est donc plus un moindre mal, mais un mal nécessaire en vue de notre mode de vie, et il nécessite une solution coûteuse, qui se trouve être la seule possible à l'heure actuelle, au vu de l'état de la science, de la volonté des industries et des particuliers à changer leurs modes de production et de consommation, des moyens engagés, et des politiques en place.

Cet exemple fait apparaître que la méthode de conservation de l'environnement la plus efficace n'est pas la dépollution effectuée lorsque l'on se rend compte que l'environnement devient invivable. Il faut engager des plans à long terme aux débuts de nos activités pour éviter ces coûts futurs. Et c'est le modèle que favorise actuellement l'État français et les taxes environnementales, à destination des particuliers ou des entreprises. Mais c'est aussi aux entreprises, aux particuliers et aux collectivités de s'organiser pour que ce modèle ne reste pas que théorique et n'ait pas pour seule fin de payer moins d'impôts pour l'année actuelle en exploitant les failles des législations à but écologique. La perspective à long terme permet non seulement d'optimiser son rendement en fonction des ressources nécessaires et présentes, mais aussi de réduire les coûts que la pollution effective ou potentielle engendre. C'est ce que l'on appelle le développement durable, qui fera l'objet du prochain article de notre section liée à la problématique environnementale, disponible ici.

Introduction à la notion de développement durable

Nous avons vu en quoi il peut être profitable pour tous, particuliers, entreprises, collectivités, de s'engager dans des plans de développement durable, à cause de la pollution et des coûts qu'elle engendre. Mais qu'est-ce au juste ? Quels sont précisément ces plans ? Nous verrons aussi que le développement durable, s'il peut être mis au jour sous son aspect économique, ne concerne pas uniquement ce domaine.

Le rapport Brundtland des Nations-Unies dirigé par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement en 1987 est le premier document où apparaît le terme "développement durable" ("sustainable development" en anglais). Il y est défini comme "un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins". Il est aussi précisé que "deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité ; et l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.".

Selon cette définition, les ressources de la Terre appartiennent donc autant équitablement à tous les humains le peuplant actuellement, mais de la même façon aux générations futures. Le concept se veut donc spatial et temporel. Si le concept économique est nouveau, l'idée qu'il implique ne l'est pas vraiment. On trouve cette philosophie dans de nombreuses religions et dans des mythes qu'il est impossible de dater. On la trouve de manière plus ou moins affirmée au cours de l'histoire dans des textes discutant de la notion de justice, qu'ils soient politiques, philosophiques, mythique, religieux etc. Si cette idée concernait souvent des peuples limités dans l'espace, ou associée à une nation particulière, certaines doctrines ont voulu l'appliquer de manière universelle. C'est par exemple le cas du Nouveau Testament, qui promeut une idéologie qui se veut universelle, équitable et vivable (quant aux idées elles-mêmes ou à la façon de les mettre en oeuvre, nous n'en faisons pas la promotion, mais c'est un exemple assez connu dans notre culture). Néanmoins, l'apparition de ce concept comme doctrine économique constitue la première action internationale visant à donner corps à ce concept de manière globale et équitable, comprenant des plans précis d'application économiques, écologiques et sociétaux.

Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 sont déterminants dans l'histoire du développement durable. Leurs conséquences provoque une prise globale de conscience que les ressources de la Terre ne sont pas infinies, et par conséquent qu'une croissance sans fin telle que prônée par les doctrines économiques majoritaires (autant le communisme soviétique ou chinois que le capitalisme qui se veut mondial) est physiquement impossible. On comprend que jusque là, l'organisation des sociétés et du commerce dans les pays développés avait négligé l'environnement, du moins dans les effets à long terme produits. Cela ne veut pas dire que le fait était totalement ignoré : tout au long de l'histoire de l'humanité, l'environnement a toujours été déterminant dans les sociétés. Mais l'essor scientifique et industriel n'avait jamais donné lieu à un intérêt systématique pour l'environnement dans les sciences, les doctrines et les profits qu'il a développé et permis.

On s'inquiète du modèle thermo-industriel de nos sociétés, de la pollution que nos productions d'énergie impliquent, de notre incapacité à recycler les principaux moyens de production d'énergie (métaux lourds pour l'énergie nucléaire et pétrole pour l'énergie thermique), mais aussi de la consommation excessive de l'eau potable, de sa pollution, des effets autant sur les personnes que sur l'agriculture. Plus qu'un modèle de société, c'est aussi toute l'humanité qui est menacée.

Car les pays développés réalisent alors que les idéaux de démocratie, de justice et de liberté qu'ils ont pour la plupart adoptés, ne sont pas compatibles avec le développement de l'ensemble de l'humanité sur le long terme en l'état. Non seulement il n'y a pas assez de ressources pour que tout le monde puisse vivre comme un américain moyen par exemple, mais les désastres écologiques qui menacent les ressources et les sociétés sont d'abord subis par ces pays moins développés, à cause de leur situation géographique, de l'exploitation qu'ils subissent des autres pays (notamment délocalisation des industries très polluantes, voire même enfouissement des déchets des pays riches dans leur sol), des cycles du carbone, de l'azote et de l'eau perturbés par les captations importantes des pays occidentaux à l'époque. De plus, les entreprises, encore aujourd'hui, bénéficient de chartes leur permettant d'apposer leur propriété intellectuelle sur des ressources qui, pour beaucoup, sont censées être communes : l'eau, les médicaments, et même le vivant (en particuliers végétaux, voir les controverses Monsanto qui a acheté des graines de plantes pour les breveter et les modifier génétiquement afin de monopoliser le marché de certaines graines et de rendre illégale la culture de ces graines si elles n'ont pas été fournies par l'entreprise). Ces brevets sont au profit unique des sociétés commerciales qui les possèdent, même au dam (du moins à long terme) des pays qui les ont vues naître.

Il y a donc une inégalité environnementale (certains pays s'approprient par des lois internationales, des guerres, des contraintes économiques ou par pression politique les ressources d'autres pays ; ils sous-traitent leurs industries polluantes dans d'autres pays qui les accueillent, ou pour des profits à courts terme ou en y étant contraints), économique (le développement de certains pays se fait au détriment de celui d'autres pays, en les exploitant et en captant les ressources nécessaires à leur développement, et les doctrines économiques des pays développés sont fondées sur le principe d'inégalités naturelles), et sociale (l'empêchement du développement économique de certains pays les empêchent de s'occuper du bien-être de leur population). Évidemment, ces trois domaines sont liés. Une inégalité entraîne les autres. On pourrait aussi y ajouter une inégalité politique, en ce que de si grands écarts économiques entre les pays implique un manque de rayonnement international pour beaucoup de pays, bien que ce ne soit pas une nécessité.

Là où ces injustices s'expriment le mieux est probablement le fait que certains pays ayant atteint un excellent niveau de vie, et ayant pris conscience des problématiques économiques, environnementales et sociales que leur développement a mis au jour, doivent maintenant s'organiser pour faire comprendre aux pays qui sont moins (voir parfois beaucoup moins) développés que leur objectif d'avoir une société aussi riche que par exemple la France ou l'Amérique amènerait des conséquences désastreuses au niveau écologique. De plus, la plupart de ces pays, ou plutôt leurs citoyens et leurs entreprises, refusent de voir leur niveau de vie baisser. La plupart des initiatives étant censées aller dans le sens du développement durable (donc global) qui se sont démocratisées n'ont pour la plupart qu'un effet local (par exemple, le recyclage profite en majorité aux pays qui le pratiquent).

Ces inégalités sont actuelles. Mais une des solutions qu'apporte le développement durable est aussi le dévelopemment futur de l'humanité. En effet, quand bien même tel pays ne se soucierait absolument pas de l'exploitation économique et environnementale qu'il exerce et des inégalités qu'elle provoque, il lui faut encore se soucier de son propre futur, et les récentes études en matière d'écologie (qui participe d'une multitude de domaines scientifiques) montre que l'ensemble des écosystèmes terrestres et marins communiquent et s'influent entre eux. C'est une idée qui n'est pas forcément nouvelle, mais qui est aujourd'hui démontrée scientifiquement et qu'on essaye de prendre en compte dans l'économie moderne. Il est donc dans l'intérêt d'un seul de penser à celui de tous, ne serait-ce que par égoïsme forcené. Cela s'applique aux sociétés, mais aussi aux individus qui les composent. Ainsi, si aujourd'hui les pays développés consomment l'extrême majorité des ressources de la Terre pour une population minoritaire et que cela constitue déjà une injustice envers les autres pays, consommer ces ressources est aussi une injustice envers les générations futures qui ne profiteront pas de ces ressources et se trouveront très probablement dans des situations très compliquées liées au manque de ressources.

La formule employée par René Dubos au sommet sur l'environnement de 1972 : "penser global, agir local" peut résumer ce qu'est le développement durable.

De nombreuses iniatives sont mises en place dans le but d'un développement durable. Nous ne prendrons que l'exemple de la France pour en parler. On peut commencer par l'Agenda 21, créé lors du Sommet de Rio en 1992 dont nous avons déjà parlé, qui prévoit localement des programmes de conservation de l'environnement, de développement des activités humaines en harmonie avec les ressources présentes et futures des territoires. Il est l'exemple type d'une démarche locale qui se veut agir au niveau global. Pour exemple, voici l'Agenda 21 du Var. Notons que l'Agenda 21 se décline sur plusieurs niveaux : national, régional, département ou même communal. Mais dans tous les cas, son but est de se diriger vers un développement plus durable.

Plus généralement, on peut aussi parler des législations en faveur de la protection de l'environnement. De nombreuses lois sont mises en place, autant par les institutions nationales que régionales ou communales (par exemple la ville de Paris qui met en place la circulation alternée, la région Bretagne et ses législations sur les élevages et les "marées vertes", ou au niveau de l'État la taxe carbone ou la création de certaines institutions dédiées à l'observation et la réparation des activités et leur impact sur l'environnement, comme la Commission Française du Développement Durable). De plus, les idées du développement durable sont promues dans d'autres institutions, n'ayant pas nécessairement pour but la conservation de l'environnement, comme l'Éducation Nationale.

Mais il existe aussi des actions citoyennes, par le biais d'associations non-gouvernementales notamment. La liste des ONG s'étant engagées dans le développement durable, que ce soit leur but premier ou non, est particulièrement longue et pas forcément intéressante pour notre propos, mais on citera notamment Greenpeace pour la plus connue du grand public. Sans même parler d'ONG, on note aussi de nombreuses iniatives de particuliers au plan communal, par exemple des chartes de bonne conduite environnementale créées en accord avec les concitoyens proches (des gens d'un même village par exemple).

En outre, on peut aussi parler d'actions initiées par les entreprises. Bien que les lois se durcissent quant à la conservation de l'environnement et que certaines entreprises (ou particuliers) n'en font pas plus que ce qu'il faut pour rester dans la légalité, de nombreuses entreprises mettent en place des plans de développement durable pour leur activité. Le problème étant que ces programmes ne sont pas forcément convergents, puisqu'on ne peut demander à chaque entreprise de communiquer tous ses plans futurs de développement à l'entièreté des autres entreprises dans le seul but d'un accord global sur les formes que doivent prendre le développement durable. La convergence est majoritairement mise en place par le cadre législatif, mais il existe des accords entre certaines entreprises qui visent, au moins en partie, un développement durable commun. Par exemple les apiculteurs se mettent souvent en relation avec des horticulteurs ou autres exploitants végétaux. Le sujet est particulièrement vaste, de nombreux exemples et théories auraient leur place dans ce paragraphe, mais nous rappelons que tout notre propos n'est qu'une introduction.

Qu'il nous suffise donc de dire que le développement durable a des plans d'actions à toutes les échelles, et dans tous les domaines. Pour celui qui nous intéresse particulièrement, le domaine maritime, on peut déplorer qu'il est souvent plus négligé que le domaine terrestre par certains domaines d'activités et certaines échelles. Il est évident qu'un village situé en plein coeur de la France n'a pas d'actions durables pour la protection maritime, alors que certaines de ses activités, notamment agricoles, peuvent être dangereuse à long terme pour l'environnement. La question est alors généralement laissée aux instances gouvernementales, ce qui est un mauvais point au regard de la décentralisation que suppose les actions du développement durable.

De même, il est particulièrement difficile à certaines entreprises qui ont fait de la mer leur domaine d'activité, même avec toute la bonne volonté du monde, de mettre en place des actions durables pour des raisons économiques. Cela s'applique aussi évidémment aux autres domaines d'activité terrestres, mais cela est plus marqué pour la mer car l'espace à protéger est plus conséquent, moins connu, sujet à des lois différentes, et l'espace légal d'application est limité au niveau national quand il faudrait pouvoir mettre en place des législations universelles sur l'ensemble du domaine maritime en tenant compte des particularités écosystèmiques, culturelles, économiques et politiques de chaque région. Mais cela nécessite des accords internationaux, qui ne profitent pas nécessairement à tous dans l'immédiat. Ainsi, la mise en place d'actions durables dans le domaine maritime se fait surtout au niveau national, pour un domaine local très réduit, et avec des conséquences moindres par rapport aux territoires terrestres à cause du manque d'universalité quant aux législations et aux actions.

C'est pour cela qu'il est particulièrement important, à nous pratiquant des sports nautiques, de mettre en place des accords locaux avec tous les acteurs du domaine maritime pour protéger nos espaces d'exercice. Par exemple, la rade de Toulon, même étant un territoire priviligié et protégé par diverses institutions et actions citoyennes, est particulièrement polluée, notamment le sol marin. Cela s'explique par le désintérêt de la protection de la nature au cours du dernier siècle, mais aussi par le fait que les actions de protection se situent majoritairement dans la rade et aux alentours directs, alors que les écosystèmes marins, comme ceux terrestres, communiquent tous. Cette communication est d'autant plus difficile à protéger que les législations d'un pays à l'autre ne sont pas toujours les mêmes, que les accords internationaux ne sont pas forcément respectées, et que certains acteurs locaux soumis à la même législation ne la respectent pas nécessairement. De simples actions citoyennes, comme un rassemblement bénévole pour nettoyer les plages, peut participer à réduire nos frais de dépollution (nos impôts locaux), améliorer notre cadre de vie, voire même attirer de nouveaux flux économiques (tourisme par exemple, bien qu'il soit déjà particulièrement développé). Pour des actions que vous pouvez mettre en place lors de la pratique du nautisme, nous vous proposons ici une liste non-exhaustive d'actions que vous pouvez facilement et à moindre coût mettre en place (voire même, réduire vos frais liés à votre pratique).

Les moyens du développement durable dans le cadre individuel

En vertu du principe "penser global, agir local", quels sont les gestes que nous pouvons avoir localement afin de favoriser une économie et un mode de vie plus respectueux de l'environnement, permettant à tout le monde, dans le temps et dans l'espace, de profiter d'un certain niveau de vie ? Nous allons voir dans cet article un certain nombre d'actions à appliquer au quotidien, peu contraignantes, et qui souvent, à long terme ou à court terme, ne profitent pas seulement à l'ensemble de la societé ou de cercles plus réduits mais aussi directement à nous-même.

Électricité

- Favoriser la lumière naturelle (le Soleil) à la lumière artificielle. De manière générale, éviter d'utiliser l'énergie qu'on peut trouver ailleurs. On utilisera donc plutôt la lumière du Soleil également pour sécher son linge.

- Favoriser les ampoules basse consommation. Si elles coûtent souvent (mais pas tout le temps) un peu plus cher à l'achat et ne fourniront pas forcément la lumière que vous désirez dans le salon (mais il reste toujours l'alternative d'en placer plusieurs), vous verrez à long terme la différence.

- Éteindre les lumières en sortant d'une pièce.

- Éteindre les appareils complètement voire débrancher les prises des appareils inutilisés. Les appareils concernés sont principalement les téléviseurs et les ordinateurs, qu'on laisse souvent en veille pour s'épargner l'effort et le temps de la mise en marche. De même, j'évite de continuer à charger mes appareils mobiles lorsqu'ils sont déjà chargés au maximum. Non seulement cela participe à l'usure naturelle de la batterie, mais en plus cela consomme inutilement de l'énergie.

- Éloigner le congélateur et le réfrégirateur des sources de chaleur. Pour produire du froid, il faut de l'énergie, pour compenser la chaleur environnante ces appareils vont donc consommer plus d'énergie.

- Dégivrer régulièrement les appareils sus-mentionnés. Un congélateur (si votre réfrégirateur produit du givre, il serait temps de penser à diminuer sa production de froid) est moins efficace lorsque du givre s'installe sur les parois. En effet, le givre va bloquer le transfert thermique entre l'appareil et l'air à l'intérieur, et donc les aliments qui bénéficient de ce froid. Le congélateur mettra plus de temps à aboutir au même résultat qu'il aurait s'il ne contenait pas de givre, ou vous devrez augmenter sa puissance. Dans les deux cas, c'est une consommation d'énergie qui peut être évitée.

- Bien isoler son logement. Si des isolations dans les murs peuvent être coûteuses, cela vous fera économiser beaucoup d'énergie en chauffage à long terme. On peut, de manière beaucoup moins coûteuse, fermer les volets ou mettre des rideaux le soir pour conserver la chaleur acquise pendant la journée grâce au Soleil.

- Adapter la température en fonction des pièces. Vous n'avez peut-être pas besoin d'une chambre excessivement chauffée en hiver, étant donné que vous n'y serez très probablement que la nuit, et encore sous des couvertures. De même, il est peut-être inutile en été de raffraîchir une pièce que vous n'utiliserez que peu ou pas du tout. Une différence d'un ou deux degré selon les pièces, selon la surface de votre logement, peut résulter en une énorme économie d'énergie à moyen et long terme.

- Favoriser les appareils énergétiques classés "A". De nombreux pays ont des labels énergétiques qui permettent d'avoir une vue d'ensemble de la consommation de tel ou tel appareil. Le détail de la consommation est souvent disponible sur le produit ou sur votre demande à l'entreprise ou au magasin. Les appareils les plus économes sont classés "A", les moins économes sont classés jusque "G".

- Favoriser les énergies renouvelables. Si les modes de production des panneaux solaires peuvent être très polluants, si les sources d'énergie alternatives (eau, vent) peuvent être beaucoup moins rentables, en pensant à très long terme il est bon de songer à ces modes de production d'énergie, ne serait-ce que pour encourager les entreprises à développer de nouvelles énergies renouvelables et améliorer nos moyens actuels.

Consommation, déchets et recyclage

- Pratiquer le recyclage. Cela passe par une phase d'information (quoi trier avec quoi et dans quelle poubelle) et une application quotidienne. Si vous avez un terrain cultivable, c'est aussi l'occasion de produire du compost avec vos déchets organiques afin d'avoir un bon engrais pour un coût nul. Cela peut avoir un coût, notamment s'il faut se déplacer à la décharge, mais ce sera d'autant moins d'opérations de voirie à effectuer par votre communauté.

- Utiliser des cabas pour faire les courses. Le cabas est réutilisable, le sac plastique est beaucoup plus facilement jeté une fois utilisé. De plus, il vous coûtera moins cher à long terme de posséder un cabas plutôt que d'acheter un sac plastique à chaque fois. C'est aussi plus pratique, car si tous les cabas ne possèdent pas de roulettes, aucun sac plastique n'en possède.

- Favoriser les produits locaux. Cela implique d'aller au marché si possible à pied ou en vélo, voire même directement chez le producteur s'il n'est pas trop éloigné. Les circuits courts réduisent l'empreinte écologique (peu de déplacements motorisés voire pas du tout) en plus de participer à l'économie locale. Cela présente aussi l'avantage de connaître les normes de production, car tous les pays n'ont pas les mêmes et certains pays exportateurs ont des pratiques de production qui ne sont pas acceptables selon les moeurs et les exigences de notre société (on pense au travail des enfants, à l'expropriation des possesseurs de terres agricoles, aux normes de pollution etc. acheter ces produits ne revient pas à soutenir ces pratiques, mais si vous vous sentez scandalisés par certaines pratiques mieux vaut vous renseigner avant d'acheter des produits venant de pays étrangers, même lorsque leur culture nous paraît proche de la nôtre).

- Faire attention à ce que l'on consomme. S'il est possible d'acquérir des produits réutilisables, il vaut mieux les favoriser à ceux dont l'utilisation est unique. De même, acheter des produits dont l'utilité peut être douteuse participe à l'empeinte écologique de notre société. Le lecteur est évidemment libre de ses achats, et on peut s'interroger sur la responsabilité morale que l'on a lors d'un achat et conclure que la responsabilité revient surtout à celui qui produit (ou non, la réponse est ouverte au niveau individuel), mais comme disait Coluche : "Quand on pense qu'il suffirait que les gens n'achètent pas pour que ça se vende plus".

Se déplacer

- Éviter les trajets individuels en véhicule motorisé. Favoriser les transports en commun, le covoiturage, les modes de déplacement non-polluant, l'autopartage etc. Si j'utilise mon véhicule personnel, je réduis au maximum sa consommation en conduisant de manière constante et en essayant d'anticiper mon trajet pour ne pas consommer inutilement de l'énergie, si un arrêt imposé est trop long j'éteins le moteur. À titre d'exemple, un bus rempli permet de retirer 40 véhicules remplis (et ils ne le sont généralement pas) de la circulation, ce qui permet d'économiser une quantité conséquente d'essence.

- Entretenir régulièrement son véhicule. Si l'entretien d'un vélo ne concerne que votre confort personnel et votre sécurité, l'entretien régulier de votre véhicule motorisé permet de faire des économies de carburant, et ainsi de réduire votre empreinte écologique. Et là aussi, votre confort, votre sécurité et celle d'autrui est aussi en jeu.

- Promouvoir ces types de déplacement. Un seul usager changeant radicalement son mode de déplacement est un bon point. Mais s'il le fait adopter à ses connaissances, qui le feront à leur tour, c'est toute une source de pollution énorme qui se retrouve considérablement amoindrie. La communication et le partage est un point central de l'idéologie que véhicule le développement durable.

- Favoriser les carburants écologiques. Si cela n'est pas possible pour tous les types de moteur, et si tout le monde ne veut pas nécessairement d'un véhicule électrique ou n'a pas les moyens d'en acquérir un, les usagers qui peuvent adopter d'autres types de sources d'énergies participent ainsi à la réduction de l'empreinte écologique. De plus, l'État français et de nombreuses concessions automobiles mettent en place des réductions ou des participations pour l'achat d'un véhicule à l'empreinte écologique moindre, qu'il fonctionne à l'électricité, aux carburants dits écologiques ou même à l'essence classique mais avec une meilleure consommation.

La liste de ces actions n'est pas exhaustive, mais la mise en place des quelques actions proposées, bien que nécessitant un changement de mode de vie, peuvent participer énormément à la réduction de la pollution. Vous trouverez ici un article dédié aux actions à mettre en place dans le cadre du nautisme.

Les déchets, ce fléau pour l'environnement

Chaque année en France, et bien que ce chiffre tend à baisser, un ménage produit en moyenne 354 kilogrammes d'ordures. Cela n'inclut pas les déchets verts, ni les déchets des collectivités, de l'industrie et des activités économiques en général. Mis bout à bout, puisque les ménages profitent de l'activité de ces autres acteurs, c'est 13,8 tonnes de déchets produits par habitants chaque année. Ce chiffre est à prendre avec des pincettes puisque certaines activités économiques ne concernent pas certains ménages, c'est pourquoi il semble plus intéressant de ne garder que le chiffre des déchets ménagers.

Parmi ces déchets, 20% seulement sont recyclés, 14% sont utilisés en compost et en engrais, 30% sont incinérés, et 36% mis en décharge.

En 2010, la pollution plastique mondiale s'élevait à 275 millions de tonnes. On estime que parmi ces déchets plastiques, 10 millions de tonnes se sont retrouvées dans les eaux. Les législations dans de nombreux pays développés tendent à réduire le nombre de déchets qui ne sont pas stockés ou détruits de manière sécurisée ou simplement recyclées. Mais ces législations ne sont pas forcément appliquées par les particuliers, voire par les entreprises, et surtout il n'existe pas de législation mondiale qui soit rigoureusement appliquée par tous les pays concernant la gestion des déchets, bien qu'il y ait une volonté de certains pays depuis les 60 dernières de construire des projets écologiques globaux. Ainsi, certains pays participent beaucoup plus à la pollution marine par le rejet de déchets plastiques dans les mers. Mais de manière générale, tous les pays ont des pratiques polluantes, et un simple surengraissage d'un champ agricole peut, au cours des ans, mener à la mort d'un écosystème marin (voir l'article sur le cycle de l'eau, de l'azote et du carbone).

Les "continents de déchets"

En 1997, Charles J. Moore, au retour d'une course de voile entre Los Angeles à Honolulu découvre dans le Pacifique Nord un large espace marin où il ne rencontre aucune vie, seulement des agglomérats de plastique. De gros morceaux liés entre eux par une multitude d'infimes morceaux. Ces agglomérats sont très étendus mais ne dépassent pas la surface de la mer et sont évidemment translucides de par la matière dont ils sont constitués, il est ainsi impossible de les voir lors de la cartographie par satellites, il faut être sur place pour pouvoir les observer. C'est pour cette raison qu'il a fallu autant de temps pour découvrir cette zone océanique de déchets : la route empruntée par Charles J. Moore était et reste peu fréquentée, bien qu'en 2011 et 2013 des expéditions scientifiques furent organisées pour étudier l'impact de ce continent de déchet sur la diversité biologique marine, sa composition etc. En 2015, l'expédition Race for Water organisée pour faire connaître au grand public la pollution marine y établit une de ses étapes. 

Mais ce "continent" n'est pas le seul : depuis 1997, on a découvert qu'ils sont en vérité au nombre de 5. Ils correspondent aux grands vortex océaniques. Les déchets voyagent dans la mer sous l'effet des vents et des courants jusqu'à être piégés dans ces vortex, provoqués par l'effet de gravitation et de la force de Coriolis. Une fois engagés dans ces gyres (le nom de ces vortex), ils y sont bloqués et s'agglomèrent. Les cinq gyres majeurs se situent dans le Pacifique Nord, dans le Pacifique Sud, dans l'Atlantique Nord, dans l'Atlantique Sud et dans l'Océan Indien. Il existe également une multitude d'autres gyres moins intenses et couvrant des zones beaucoup moins étendues, et il est très probable de nos jours de trouver des déchets plastiques agglomérés dans tous les vortex, étant donnée la quantité de déchets qui sont jetés dans les mers et les océans. Ces zones sont composées en majorité de déchets plastiques, car ils sont légers (nous nous intéresserons à la pollution des fonds marins ultérieurement dans l'article) et se décomposent très lentement.

Des analyses scientifiques menées sur les agglomérats présents dans le gyre Pacifique Nord ont montrées que dans cette zone, la masse de plastique était de 5 à 6 fois supérieure à la masse de zooplancton. Ainsi, ce qui constitue la nourriture de nombreuses espèces est présent en des quantités bien moindres que le plastique. Ces analyses ont été menées dans le début des années 2000, et bien que nous manquions actuellement de données scientifiques, on sait que ces "continents de déchets" ont vu leur masse augmenter. L'écart est donc de nos jours encore plus élevé.

De plus, en se décomposant, ces déchets changent de forme, mais leur composition chimique ne change pas. Il faudrait plusieurs siècles à plusieurs millénaires (selon les plastiques, et la tendance va à des plastiques qui se décomposent très lentement car leur production est moins coûteuse et ils sont plus résistants) pour qu'ils se décomposent totalement. Ainsi, ils se retrouvent sous forme de particules de plastique, que les animaux marins confondent avec leur nourriture. La biomasse (la masse des organismes vivants) diminue ainsi considérablement et rapidement, tandis que la masse des déchets augmente et s'étend. La biomasse diminue notamment à cause de la toxicité des plastiques ingérés, mais aussi car ces plastiques ont tendance à fixer les polluants atmosphériques beaucoup plus efficacement que les autres matériaux. Par exemple, le DDT, un produit chimique qu'on trouve dans de nombreux insecticides, est plusieurs millions de fois mieux concentré dans les polymères (sortes de plastique) que dans les autres matériaux. Non seulement cela pollue les eaux environnantes, mais de plus les animaux marins ingérant ces plastiques ou même simplement fréquentant ces eaux sont contaminés. Par le jeu de la chaîne alimentaire, ces polluants sont ainsi transmis dans un nombre conséquent d'organismes, et souvent jusqu'à l'homme. On estime qu'environ 300 espèces sont directement et à court terme menacées d'extinction par ce seul phénomène. Mais à plus long terme, ce sont des millions d'organismes appartenant à des milliers d'espèces qui pourraient être menacées.

L'effet de cette pollution n'est donc pas localisée de par les effets de la chaîne alimentaire, de la diffusion des polluants dans l'eau et dans l'air, mais également de par certains courants qui s'échappent de ces gyres, entraînant avec eux certains déchets, les propageant dans d'autres zones où ils ne sont plus nécessairement concentrés. Ils en deviennt donc d'autant plus dangereux car il est encore plus coûteux de les enlever et sont moins repérables. En effet, il existe des solutions pour pallier à ces déchets plastiques. La plus pratiquée pour les déchets diffus est la récupération par bateaux, mais elle est également très coûteuse, même quand les déchets sont agglomérés. Récemment, le projet "The Ocean Cleanup" comptait utiliser les courants marins pour apporter les déchets sur des plateformes marines dédiées à la dépollution. Il ne nécessite que la mise en place de barrières visant à guider les déchets vers ces plateformes. Il a été testé avec succès en 2015 dans les eaux de l'île de Tsushima, en 2017 dans la Mer du Nord, et doit être appliqué au vortex de déchets du Pacifique Nord courant 2018. C'est une des solutions les moins coûteuses et les plus faisables dans l'état actuel des choses.

La pollution des fonds marins

La plupart des déchets voient leur temps de dégradation considérablement réduit en présence d'oxygène, de lumière et de chaleur. Lorsqu'ils sont présents en fortes quantités, un déchet organique, par exemple, peut être dégradé en quelques heures ou jours selon sa taille, alors qu'il lui faudrait beaucoup plus longtemps sans oxygène, sans lumière et sans chaleur (bien qu'un milieu totalement privé de ces trois choses n'existe pas sur Terre). C'est une des raisons pour lesquelles on conserve les aliments dans des endroits sombres. Mais cela fonctionne également pour les métaux, les plastiques, les bois etc. Non seulement la lumière et l'oxygène agissent sur la structure moléculaire des déchets (et des matériaux en général), mais quand on parle de déchets organiques, ils favorisent le développement de la vie, et notamment de micro-organismes qui vont aider à la décomposition. Ces micro-organismes sont souvent anaérobies (ils n'ont pas besoin d'oxygène pour vivre, certains en produisent même en absorbant le dioxyde de carbone CO2 ou d'autres éléments).

On voit alors quel problème cela pose lorsqu'on parle de pollution sous-marin : au fond des océans, l'oxygène est rare, la lumière et la chaleur réduites à des quantités très faibles. Cela augmente considérablement le temps de décomposition des déchets qui s'y trouvent. Comme on s'en doute, ces déchets sont lourds et inorganiques, principalement constitués de plastiques et de métaux, qui ont déjà en surface un temps de décomposition très long. On trouve aussi sur le plancher marin du bois, du tissu, et d'autres types de déchets, mais il faut bien insister sur le fait que la grande majorité des déchets sous-marins sont à base de métal et de plastique.

Si l'on se place à l'échelle géologique (donc sur des centaines de millions d'années), ces déchets ne sont pas dangereux pour la vie. Les formes de vie s'adaptent à ces déchets et leurs effets, comme elles se sont déjà adaptées aux conditions extrêmes qui sont celles des fonds océaniques. Ainsi les déchets peuvent devenir un habitat pour des espèces marines. Leur dégradation (certes extrêmement lente en comparaison de ce qu'on observe à la surface) peut également produire des gaz et éléments qui favoriseront le développement voire l'apparition de certaines formes de vie, déjà existantes ou non. Mais au vu de la rapidité et de l'intensité de la production des déchets et de la pollution qu'ils engendrent, le phénomène pourrait être comparable à ceux qui se sont produits lors des précédentes extinctions de masse dans ses résultats à court terme. Le développement de la vie en elle-même est certes important, mais cela n'aurait aucune importance pour nous si l'espèce humaine devait s'éteindre faute de ressources ou en ayant trop modifié son environnement au point qu'il n'est plus vivable pour elle.

La pollution des fonds marins est d'autant plus dangereuse qu'elle est difficile à enrayer. En effet, il nous est pour l'instant impossible de récupérer en grande quantité des déchets enfouis à plusieurs kilomètres de la surface. Et il est également compliqué de récupérer les déchets enfouis à quelques mètres de la surface sans nuire considérablement aux espèces évoluant dans ces milieux ou à leurs habitats. L'exemple de la rade de Toulon est à cet exemple très parlant. La solution à long terme la moins coûteuse est donc de recycler nos déchets, ou à défaut de tout faire pour leur éviter de se retrouver à l'eau par l'usage de décharges. Malheureusement, si elles sont très réglementées en France, nous ne pouvons pas empêcher d'autres pays de déverser leurs déchets dans les océans, ni traquer chaque citoyen pour qu'il respecte consciencieusement les prescriptions liées à la protection de l'environnement


Voilà qui conclut cet article sur les déchets dans le milieu maritime, et par la même occasion notre section sur l'introduction à l'écologie. Si vous êtes en possession d'images ou de vidéos illustrant les déchets en milieu maritime (nous recherchons particulièrement des vidéos libres de droit des planchers sous-marins), nous serions reconnaissants que vous nous les communiquiez à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Les posidonies, ces plantes constituantes de l'écosystème méditerranéen

Son nom dérive du dieu grec de la mer Poséïdon. C'est une plante à fleur, et elle vit comme ses paires terrestres. Elle a des racines implantées dans le sol sous-marin et produit des fruits qui permettent sa reproduction. On retrouve souvent des agglomérats de ses feuilles sur les plages méditerranéennes, le courant marin les y transportant. Il existe plusieurs espèces dans la famille des posidoniaceae. La posidonia oceanica est endémique à l'écosystème méditerranéen, mais on trouve les autres espèces sur les côtes australiennes. On explique cette présence par le mouvement des plaques tectoniques, il y a plusieurs centaines de millions d'années. Néanmoins nous n'entrerons pas dans les détails en ce que cela concernerait plutôt la géologie et non la plante elle-même.

Elle est fondamentale dans le milieu méditerranéen : elle constitue un lieu de frai pour beaucoup d'espèces et leur permet aussi de protéger leurs œufs. Les herbivores maritimes en sont très friands, conséquemment elle constitue une source de nourriture très importante pour nombre d'espèces maritimes, permettant ainsi aux écosystèmes méditerranéens de se conserver et de se perpétuer. De plus, les agrégats de ses feuilles transportés par les courants apportent aussi un apport de carbone aux plages méditerranéennes et de nourriture aux espèces les peuplant.

De par son implantation avec ses racines, elle permet, comme les arbres sur la terre, de fixer les sols marins. Elle piège également les particules en suspension, capte les sédiments, rendant l'eau plus claire, produit de l'oxygène par photosynthèse. Leur présence permet également dans certains cas (quand sa concentration est importante sur un fond peu profond) de donner lieu à un écosystème très localisé, avec un sol très riche, une eau extrêmement claire et très oxygénée bien qu'ayant une végétation très dense, et fournissant un énorme apport de carbone et de nourriture au sol et aux espèces. On trouvera dans ces herbiers des espèces qui n'auraient pu se développer dans un autre environnement.

Les agglomérats de feuilles mortes comme nous l'avons vu sont importantes pour les plages et les espèces qui les peuplent. Ils permettent notamment de protéger les plages de l'érosion pratiquée par les vagues de courant. Néanmoins, ces agglomérats sont souvent retirés pour raisons esthétiques, favorisant ainsi l'érosion, nuisant ainsi aux espèces.


 Nous recherchons des images gratuites et libres de droit pour illustrer cet article. Si vous souhaitez nous en fournir, nous vous serons reconnaissants de les communiquer à cette adresse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

La mer, l'Homme et ses moyens de la dompter

Le but de cet article est d'offrir une vue d'ensemble de l'évolution des techniques de navigation. Néanmoins, nous allons couvrir une période de plus de 10 000 ans, on se doute que les évolutions seront énormes, tant dans la temporalité que dans la spatialité. Nous nous bornerons donc au monde méditeranéen et aux civilisations qui ont été en contact certain avec lui, et nous ne pourrons que survoler les grandes civilisations de cette partie du monde finalement assez réduite. Chaque peuple ayant navigué, et il en existe beaucoup plus que les quelques uns que nous aborderons, mériterait pour lui seul un article complet. Mais nous ne voulons pas ennuyer le lecteur avec des dizaines voire centaines d'articles. Encore une fois toute cette section ressource est pensée comme une introduction, et il n'est nul besoin de comprendre toute la culture d'un peuple et de lister l'ensemble de leurs techniques pour comprendre comment des pirogues pourvoyant à la survie de toute une tribu côtière nous en sommes venus à pratiquer le ski nautique pour le plaisir.

La Préhistoire et l'Antiquité

Il semble que de tous temps la mer a passioné les hommes. On retrouve des traces archéologiques de représentations de navires à voile en Mésopotamie dés 4 000 avant Jésus-Christ. On imagine donc que la navigation à rames est encore plus ancienne. Et effectivement, on peut dater la construction de pirogues, et autres embarcations construites à base de troncs d'arbres évidés, à partir du Néolithique, soit environ 9 000 ans avant Jésus-Christ. Il semble que ces pirogues s'accompagnent déjà d'une quille, ce qui laisse à penser que les embarcations de type radeaux étaient déjà connues bien avant. Il est difficile en revanche de dater même approximativement l'apparition des voiles. À notre niveau, qu'il suffise de dire que notre espèce pratique la navigation depuis bien longtemps.

On retrouve aussi des traces de navigation dans l'Égypte antique. Le Nil, alors source importante de la prospérité de cette civilisation de sa naissance (environ 3 000 ans avant Jésus-Christ) à sa chute (date discutée, selon qu'on considère le démantèlement de l'empire égyptien en Afrique, la conquête de l'empire par Rome, certaines mutations sociales etc.), permet aux égyptiens de se déplacer et donc d'acheminer céréales et marchandises bien plus rapidement. L'innovation principale de cette navigation est le développement du bordage cousu. Les constructeurs cousent des planches ou plus rarement des plantes tressées afin d'éviter les entrées d'eau. L'idée n'est probablement pas nouvelle, mais elle devient à cette époque systématique (en tout cas pour cette partie du monde) et est appuyée par de nouvelles techniques. Non seulement elle favorise la sécurité des navigateurs, mais elle permet également d'augmenter la capacité de fret. Au fur et à mesure, les techniques s'amélioreront, augmentant encore cette capacité. Il est à noter que ces embarcations sont déjà équipées de voiles, bien qu'entre la naissance et la chute de la civilisation égyptienne il soit difficile de décrire précisement l'évolution des techniques. On sait que le Pharaon Sésostris III, qui régna vers le IIe millénaire avant Jésus-Christ, avait entrepris la construction d'un canal entre la mer Méditerrannée et l'Océan Indien, ce qui laisse à penser que les égyptiens à cette époque maîtrisaient aussi la navigation en mer. Pendant le millénaire suivant, il est tout-à-fait probable que les égyptiens aient parcouru les côtes africaines et de la péninsule arabique. Hérodote prétendit même qu'ils effectuèrent la circumnavigation de l'Afrique, ce qui n'est pas improbable.

Le cycle troyen, racontant la guerre de Troie, et qui participa de plusieurs auteurs grecs, montre que déjà, à la date à laquelle on estime que les événements racontés ont pu se dérouler (grossièrement, le IIe siècle avant Jésus-Christ), les flottes de guerre étaient utilisées, combinant voiles et rameurs. Malgré la dimension mythique du récit, on peut déduire qu'il y a environ 4 000 ans, la construction de navires pouvant transporter plusieurs dizaines d'hommes, leurs provisions, des armes et des machines de guerre était déjà courante et bénéficiait de certaines techniques permettant une sécurité suffisante des voyageurs, au point que beaucoup prirent la mer et débarquèrent avec succès.

De façon plus concrète et vérifiable, on peut mentionner les phéniciens, fameux marins (principalement des marchands) de l'Antiquité, qui parcourèrent toutes les côtes méditerrannéenes. Originaires de l'actuelle région du Liban (approximativement, les phéniciens ne formèrent que tardivement un peuple plus ou moins uni), les principales informations que nous détenons à leur sujet nous viennent des grecs. Mais ce qui nous intéresse ici est leur capacité, presque un millénaire avant les grecs, à prendre la mer et fonder massivement des colonies aussi loin que sur les côtes du détroit de Gibraltar, et même un peu plus loin sur les côtes atlantiques de l'Espagne actuelle, bien que la plupart de ces colonies tombèrent plus ou moins rapidement sous la coupe de puissances locales. Ce sont donc des marchandises, des matériaux et des hommes qui voyagent tout le long des côtes à bord de voiliers à rames, ce qui nécessite des techniques de construction et de navigation qui n'ont rien à envier à ce qui se fait encore en Europe vers l'an mil. Le

Lors de l'essor de la Grèce Antique, au cours du Ier millénaire avant Jésus-Christ, de nombreux auteurs nous rapportent les batailles navales qui déjà prenaient une place importante dans la guerre. Les plus célèbres sont peut-être celles qui eurent lieu tout le long de la guerre du Péloponnèse au cours du Ve siècle avant Jésus-Christ. Sans entrer dans les détails, la coalition menée par Athènes contre la coalition menée par Sparte obtint de nombreux succès navaux. Certaines batailles dénotent une stratégie qui nécessite des navires très agiles, qui peuvent virer rapidement, naviguer avec très peu de tirant d'eau sur des canaux très étroits, tout en étant assez armés pour tenir un front à des endroits avec plus de fond. La plus ancienne bataille navale dont nous ayons des traces sûres remonte à - 1210 (à quelques années près), et oppose Chypre à l'empire hittite, occupant alors l'Anatolie et tout le Proche-Orient.

Les phéniciens et les grecs ont beaucoup bénéficié des avancées égyptiennes, tant en matière maritime que culturelles, religieuses, économiques, littéraires etc. Néanmoins, leurs embarcations sont sensiblement différentes. Ainsi, les phéniciens utilisent des bateaux de forme arrondie, là où les grecs utilisent généralement des embarcations plus étroites et longues. Mais ces civilisations sont millénaires, portent plusieurs cultures en leur sein (bien qu'on puisse parler de panhéllenisme, c'est-à-dire grossièrement l'unification du monde grec, assez rapidement, des cités aussi proches que Sparte et Athènes auront des moeurs et des techniques assez différentes), on ne peut donc cantonner leurs techniques de navigation à un seul type de bateau.

Les romains, dernière grande civilisation de l'Antiquité dans le monde méditerranéen et qui par son envergure, sa volonté de conserver les techniques et les cultures en les assimilant, est peut-être la plus importante civilisation pour le sujet qui nous concerne, donne une bonne mesure de ce qu'est la navigation dans l'Antiquité. En effet, dés les débuts de la République romaine en - 509, Rome vise l'hégémonie maritime. Les conflits avec les carthaginois, peuple très influent sur les côtes à cette époque, en sont une bonne preuve. Ils bénéficèrent des avancées de tous les peuples qu'ils ont soumis, particulièrement des grecs, mais également des civilisations plus éloignées. Leur flotte se diversifie donc plus au cours des quelques siècles d'hégémonie totale de Rome sur le monde méditeranéen que des civilisations plus anciennes et ayant prospérées plus longtemps. Ils parcourent les fleuves, les côtes méditerranéennes, les côtes européennes atlantiques, les côtes de la Grande-Bretagne actuelle, mettent en place des routes maritimes nouvelles, embarquent de puissantes machines de guerre, de nombreux hommes, développent un commerce régulier entre les différentes régions de leur empire... La façon même dont est organisée la guerre lors de la République et des premiers siècles de l'Empire ne permet pas une véritable unicité des flottes de guerre et des équipements des fantassins. Les propriétaires les plus riches lèvent évidemment des hommes et des bateaux mieux équipés que ceux possédant moins de moyens. Néanmoins, les techniques sont rapidement communiquées grâce à la centralisation de l'État romain, et lorsque Rome acquérera des finances solides par l'aggrandissement de son territoire, une bureaucratie puissante et centralisée, et surtout les butins de guerre (qui atteinrent des sommets tels que vers la fin de la République, tous les citoyens de Rome, et à cette époque la plupart des habitants de la ville sont citoyens, sont dispensés de l'impôt, ce qui correspond à plusieurs centaines de milliers de personnes), l'armée passera sous la coupe quasiment unique de l'administration et trouvera une véritable uniformité, telle qu'on trouve dans les armées des États modernes puissants. À l'apogée de l'Empire, si la fidélité des généraux n'est jamais chose certaine, les traditions martiales, les techniques de construction navales, les équipements autant à terre qu'en mer, tout cela fait l'objet d'une organisation et d'une puissance telles que les États modernes européens s'en sont largement inspirées à partir du XVe siècle (tout du moins, en ce qui concerne les flottes, car l'inspiration puisée chez les romains par les États européens débute dés la chute de l'Empire d'Occident).

Le Moyen-Âge

L'Empire Romain exerçait une influence culturelle, politique et militaire conséquente sur les territoires qu'il occupait. Il transportait avec lui les traditions, les mythes, les cultures, les techniques et les connaissances des peuples qu'il avait conquis au fur et à mesure, avec une administration et une comptabilité efficaces. La chute de l'Empire d'Occident mena dans beaucoup des régions qu'il occupait à une perte de tous ces savoirs. Si l'Église catholique romaine, puis les prétendus successeurs de l'Empire (Syagrus, Charlemagne et ses successeurs, mais également les musulmans pendant leurs conquêtes massives et même jusqu'aux Ottomans) et la Reconquista permirent de retrouver une certaine partie de ces savoirs en Europe chrétienne, on assiste pendant plusieurs siècles à une période beaucoup moins intense de combats et de transports navaux pour cette partie de l'Europe. Ce qui expliquera notamment la crainte des Vikings, tant marchands que guerriers.

Néanmoins, l'Empire Romain d'Orient gardait encore ces traditions, et les invasions musulmane à partir du VIIe siècle ne menèrent pas à une perte de ces savoirs. Au contraire, les rivalités de l'Empire d'Orient avec les perses puis les musulmans à l'Est, et les menaces que représentaient les différents royaumes catholiques ou païens bordant la partie occidentale de l'Empire, menèrent à l'acquisition d'une armée et d'une marine plus puissantes, mieux organisées, avec de nouvelles infrastructures et techniques de construction, tant chez les musulmans que les romains d'Orient.

Si les invasions musulmanes ont remis en question l'hégémonie des romains sur la Méditerranée, un autre peuple va développer une forte tradition navale. Les peuples scandinaves développent vers le VIIIe-IXe siècle des embarcations aux grandes capacités de fret, capables de naviguer si bien sur les côtes que sur les fleuves et même en haute mer. La colonisation de l'Islande, d'une partie du Groenland, le commerce tout le long des fleuves européens jusqu'en mer Noire, les pillages tant en Méditerranée que sur les côtes françaises et anglaises, les invasions de l'Angleterre, tout cela démontre une grande connaissance de la navigation chez un peuple que jusque là on ne considérait que comme des païens barbares en Méditerranée, et qui garderont cette image jusqu'à leur christianisation. Si l'on pense aux fameurs drakkars lorsqu'on parle de vikings, ce n'est en fait qu'un terme générique portant sur plusieurs types de bateaux menés par les peuples scandinaves. Ils se ressemblent toutefois esthétiquement parlant, et même dans leur architecture générale, ce qui mènera à leur confusion en un seul terme générique. Les deux grands types de navires scandinaves sont les langskip, qui se divisent en plusieurs sortes selon leur taille, visant l'acheminement de troupes et se permettent donc un grand équipage, dont la grande partie va ramer avant de prendre les armes à terre, et les kaupskip, eux aussi divisibles en plusieurs types selon leur taille, avec un équipage très réduit, se mouvant grâce à leurs voiles, et étant dédiés au transport de marchandises. Dans ces deux grands types, on trouve des embarcations dédiées à tel ou tel type de navigation (fluviale, maritime ou côtière). Mais la particularité de ces embarcations est d'être pensées afin de pouvoir naviguer sur tous les environnements rencontrés selon les contraintes ou les besoins. Ainsi les navires qui pillèrent le nord de la France actuelle étaient aussi capables de remonter la Seine, de débarquer et rembarquer les hommes et les butins, puis d'aller jusque dans les possessions scandinaves en Angleterre.

Si l'on a jusqu'ici assez peu parlé des types d'armements des navires au cours de l'histoire, il est un type d'armement dont il convient de parler tant il a permis de renverser le cours de nombreuses batailles qui semblaient déjà perdues. Généralement, l'armement des bateaux est constitué des armes de leur équipage. On lance donc souvent des lances ou des flèches, parfois enflammées, pour fragiliser les bateaux et réduire la menace que présente l'équipage adverse. On peut aussi embarquer des armes dédiées au siège pour bombarder les navires ennemis, mais ces techniques sont généralement peu efficaces. Les grecs aimaient à attirer les navires adverses près d'endroits stratégiques où attendaient de nombreux hommes armés qui n'avaient plus qu'à tirer sur les équipages, ou encore les empêcher de se déplacer efficacement pour les bombarder depuis la terre. Mais c'est du feu grégeois que nous voulons ici parler. Si la formule est aujourd'hui perdue, bien que nous ayons certaines pistes, c'est une arme dont l'Empire romaint d'Orient s'est beaucoup servi lors de ses batailles navales. Le feu grégeois est spécifique à l'artisanat byzantin, bien que d'autres armes incendiaires furent employés par leurs ennemis arabes et turcs, et plus tard par les Mongols et les chinois. Si il y a peu de choses à en dire tant nous manquons d'informations sur sa composition, on sait que son utilisation était assez courante, et qu'il n'était pas seulement utilisé lors des batailles navales, mais également lors des sièges, notamment ceux que firent subir à Constantinople les arabes, et qui permit à cette ville, de sa reconstruction par Constantin jusqu'au sac de la ville par les Croisés en 1204 soit presque un millénaire, de n'être jamais prise par des étrangers (le feu grégeois ne fut pas évidemment le seul facteur faisant de cette ville une forteresse inexpugnable).

 

À venir dans la suite de cet article : la Renaissance, les grandes explorations, les colonisations, les flottes du XXe siècle, les sports nautiques et la marine contemporaine

Présentation de l'Optimist

L'Optimist est un monocoque à fond plat généralement construit en fibre de verre. Il est destiné aux enfants (sa taille le rend difficilement pratiquable pour un adulte moyen) et est pensé pour que chaque enfant puisse diriger seul à bord son voilier. Le Centre Nautique de Saint-Mandrier en compte 14 dans sa flotte, ainsi que leur gréément complet.

C'est d'ailleurs dans l'optique d'occuper les jeunes de la ville de Clearwater, en Floride aux États-Unis d'Amérique, que Clifford McKay, en s'inspirant des courses de caisses à savon régulièrement pratiquées par les enfants, demande en 1947 à l'architecte naval Clark Mills de réaliser un bateau adapté aux plus jeunes, et surtout, à un prix abordable. Mills a pensé son prototype pour être construit à partir d'une simple plaque de contreplaqué par n'importe quel constructeur. À l'origine financée par les commerçants locaux, la flotille d'Optimist et surtout les régates organisées par la suite séduisent beaucoup de jeunes gens. Le nom du modèle provient du club qui organisait ces courses de caisses à savon : Optimist International, à qui furent offerts les dessins du bateau et qui le brevetèrent.

Le modèle fut légèrement amélioré par Axel Damgaard, soutenu par le champion olympique de voile Paul Elvstrøm, ce qui participa à l'introduire en Europe. Il fut standardisé en 1960, puis devint un monotype en 1995. Cela signifique que pour être classé "Optimist", le dériveur devra être strictement conforme au plan et à l'échantillonage. Il est donc garanti que les Optimist sont tous les mêmes, tant dans leur façon de les construire, que dans la taille et dans la nature des matériaux utilisés. Cela permet donc de pouvoir aligner une multitude de coureurs au départ d'une course, en sachant que seule la qualité du coureur joue sur le résultat, les réglages techniques étant de plus très limités. Cela permet aussi de les produire en série, réduisant drastiquement les coûts de fabrication et donc les prix d'achats, sans sacrifier pour autant la qualité du bateau. Cette garantie de stricte conformité lui permet d'être officiellement reconnu et agréé par la Fédération Internationale de Voile.

L'Optimist est tout-à-fait indiqué pour l'apprentissage de la voile et même pour la compétition. L'Optimist peut se pratiquer jusqu'à 14/15 ans, voire 16 ans, mais au Centre Nautique de Saint-Mandrier, nous réservons sa pratique aux enfants de moins de 11 ans. En effet, si l'apprentissage est notre mission première, nous portons un grand intérêt à partager notre passion, et nous estimons que cela est plus aisé en adaptant les expériences selon les utilisateurs. L'Optimist est un bateau particulièrement stable, peu rapide et requérant très peu de réglages, eu égard à son public, donc moins propice à faire éprouver les sensations que l'on peut ressentir à bord d'un bateau plus rapide possédant plus de possibilités de réglages. Néanmoins, le visage réjoui de nos stagiaires Moussaillons au retour de leur sortie en Optimist laisse à penser que ce modèle suffit largement à s'initier au nautisme et à en tirer un grand plaisir.

Présentation du catamaran

Le catamaran est un voilier à deux coques. Il en existe de nombreux types, selon leur taille, leur mode de déplacement (voile, moteur, ou les deux), leurs matériaux etc. Le Centre Nautique de Saint-Mandrier possède 6 hobie cat 12 pour les adolescents de plus de 11 ans, et 4 new cat 15 pour les adultes.

Son origine est assez étonnante : c'est William Dampier qui en fait la première description en navigant dans le golfe du Bengale. Pour le point culturel, William Dampier est un marin de la Royal Navy qui a plusieurs fois voyagé dans les Caraïbes, en Amérique du Sud et en Nouvelle-Hollande, actuelle Australie, qu'il fût le premier à explorer et à cartographier. Il a aussi fait trois fois le tour du monde, dont la première fois en tant que boucanier. Il a également dirigé plusieurs expéditions maritimes. Il meurt après son dernier tour du monde, à Londres, endetté de 2 000 livres, malgré plusieurs expéditions fructueuses, des livres à succès tirés de son journal et promus par son esclave aux tatoos qui étonnent tout Londres. Sa carrière littéraire est assez diverse, décrivant tantôt les courants marins, tantôt ses voyages, tantôt les cultures et l'histoire des peuples qu'il rencontre. Il laisse son nom à une ville en Australie, à des montages, une île, des monuments etc. tant dans son pays natal que dans les terres qu'il a participé à faire connaître.

Dampier présente le catamaran, issu du tamoul "kattamaram" signifiant bois lié, comme une petite embarcation constituée de deux rondins liés entre eux et "sur" laquelle le marin solitaire est à moitié immergé dans l'eau. Il est probable que le deuxième rondin fut ajouté pour des questions de fret, cette construction permettant d'augmenter la capacité de charge. Il est alors assez ironique que dans les régates de catamarans, on fasse la chasse au poids pour rendre le bateau aussi léger que possible.

Dans les années 1870, Nathanael Herreshoff, états-unien, se met à fabriquer des catamarans. Bien qu'assez différents des embarcations des pêcheurs de la côte de Coromandel en ce que leur fabrication est un peu plus poussée, le principe d'une embarcation à deux coques pouvant fendre l'eau à grande vitesse tout en restant stable est conservé. La popularité du catamaran ne cessera d'augmenter. Aujourd'hui, le catamaran sert à la plaisance, au tourisme, au sport, à la course, et même à certains projets militaires. Les modèles et les tailles diffèrent évidemment selon le but recherché, allant de quelques mètres à plusieurs dizaines.

Mais certaines caractéristiques restent quel que soit le modèle : deux coques, une grand-voile et très souvent, un foc. Les catamarans modernes dédiés à la régate ont désormais des focs autovireurs, afin de faciliter le travail des coureurs et leur permettant de se concentrer sur la navigation et la recherche de vitesse. Un catamaran peut être piloté seul ou à deux, voire même à trois. Mais au club de Saint-Mandrier, nous privilégions votre apprentissage et votre plaisir, nous réduisons donc les équipages afin que votre expérience soit aussi profitable que plaisante, et nos moniteurs s'assurent de votre sécurité quel que soit votre niveau pendant les cours et les stages.

Rapidité, stabilité, sensations, sécurité, et nous osons le dire, une certaine élégance, font du catamaran le bateau de préférence de beaucoup de pratiquants du nautisme, y compris du membre du Centre Nautique de Saint-Mandrier. Et nous serons heureux de vous en donner le goût dans notre club, que vous soyez adolescent ou adulte, débutant ou confirmé. Consultez les pages Stages et Locations & Cours pour plus d'informations.

La pratique du nautisme dans le respect de l'environnement

Cet article vise à définir certaines pratiques qui doivent être automatiques pour l'amateur de nautisme respectueux de l'environnement. La plupart de ces pratiques naissent du bon sens, et nous ne doutons pas que tous ceux parmi nos lecteurs qui ont l'idée que la pratique des différents sports nautiques doit s'effectuer en harmonie avec la nature les appliquent déjà au quotidien. Mais il ne fait jamais de mal de les rappeler, et puisque nous avons dédié une série d'articles à la sensibilisation au développement durable, à son application dans le quotidien, à ses répercussions locales et globales, et plus généralement au respect de l'environnement pour lui-même, il devenait nécessaire de rédiger cet article, d'autant plus dans le cadre du site Internet du Centre Nautique de Saint-Mandrier.

Et à tous ceux qui ne seraient absolument pas convaincus par la nécessité de mettre en place des pratiques durables pour préserver l'environnement et assurer un mode de vie équitable dans le temps et dans l'espace, nous dirons simplement qu'il tout de même plus agréable de pratiquer son sport favori dans un cadre sain et préservé de certaines pratiques (telles que le déversement de déchets sur les plages ou dans les eaux par exemple), et que vous trouverez dans cet article certains gestes très simples qui permettent de participer à garder votre lieu de pratique à peu près intact, ainsi que d'assurer votre sécurité et celle d'autrui.

Les gestes à avoir avant d'aller sur l'eau ou après y être allé

- Se renseigner sur les éléments locaux importants du site de pratique, telles que des zones protégées (cycle de reproduction des animaux, espèces végétales rares ou fragiles, minéraux spécifiques au site, épaves etc.), les infrastructures (militaires ou privées, spécialement dans la rade de Toulon), les chenaux en place et les usagers qui les pratiquent. Si possible, en tenir une liste, et la communiquer si elle n'existe pas déjà.

- S'assurer que notre matériel est conforme aux réglementations, qui  sont là pour vous protéger autant que les autres usagers ainsi que l'environnement.

- Bien choisir son site. Bien que cela puisse faire doublon avec le premier point, certains sites, bien qu'apparemment accessibles, sont fragiles et doivent ainsi être évités sans que cela soit précisé par les autorités. Cela dépend des régions, de l'époque de l'année. Et même sur des sites fréquentés, c'est faire preuve de respect de l'environnement que de ne pas poser son matériel à proximité de lieux de vie d'animaux, ou plus simplement sur des espèces végétales, ou même sur des minéraux fragiles (ce qui peut en plus nuire à votre propre sécurité).

- Éviter de produire des déchets. Si j'en produis, je les récupère pour les trier de façon à ce qu'ils puissent être recyclés.

- Nettoyer son équipement régulièrement à l'aide de produits écologiques. Si cela est une règle de sécurité, c'est aussi une règle de respect de l'environnement, en ce que sur les coques des bateaux s'agglomèrent des algues et des coquillages qui en étant déplacés peuvent nuire au nouveau milieu qu'ils vont peupler. Cela concerne plutôt les voiliers qui vont se déplacer sur de grandes distances, mais il est bon de le faire même lorsqu'on exerce la voile légère. Les produits écologiques permettent de ne pas empoisonner les espèces présentes dans l'eau. Attention, "biodégradable" ne signie pas "non-toxique". Consulter attentivement les étiquettes avant d'acheter ou d'utiliser un produit.

Les gestes à avoir sur ou dans l'eau :

- Bien connaître les pratiques de base du sport que l'on exerce et les enseigner aux pratiquants que l'on connaît. Se lancer dans un sport nautique sans en avoir la moindre expérience ne serait-ce que théorique est non seulement dangereux pour vous, mais aussi pour l'environnement.

- Signaler l'emplacement aux gardes-côtes si l'on découvre une zone peuplée de déchets quels qu'ils soient,  ou à l'institution la plus proche si je n'ai pas de moyens de télécommunication (ce qui peut être le cas dans certains sports nautiques, mais nous vous rappelons qu'il est très important de posséder un moyen de communication adapté, ne serait-ce que pour signaler votre présence aux autres usagers et ainsi assurer votre sécurité et la leur)

- Contacter un vétérinaire ou une institution adaptée si je vois un animal blessé ou un milieu anormalement abîmé.

- Ne pas jeter ses déchets dans l'eau. De même, si je perds du matériel, je le récupère par la suite dans des conditions de sécurité. Il peut être polluant (à long ou à court terme), même lorsqu'on parle simplement de bois qui jonche déjà les fonds marins.

- Ne pas emporter avec soi de produits ou des objets pouvant contaminer l'eau. On pense encore une fois à la plongée, mais la plupart des sports nautiques sont concernés. Même si on ne compte pas les abandonner dans l'eau, nous ne sommes jamais à l'abri d'une perte qui pourrait et nous nuire et nuire à l'environnement. En fait, tout objet emporté sur l'eau devrait être ramené avec soi.

- Faire tout son possible pour ne pas endommager les espèces ou les milieux fragiles. Même si l'on a établi une carte de ces milieux et relevé les espèces à protéger, on n'est jamais à l'abri d'une erreur. S'il est normal de penser d'abord à sa sécurité, il est bon de tout mettre en œuvre pour ne pas nuire aux espèces et aux milieux qui nous entourent.

- Ne pas déplacer ou déranger les espèces. J'évite ainsi l'apparition d'espèces invasives ou inadaptés dans un milieu qui ne les contenait pas, et je leur permets ainsi de continuer à mener leur existence comme si je n'avais pas été là. De plus, si je les dérange, leur existence risque d'être pertubée, tout comme ma pratique.

Les gestes à avoir si j'utilise un moteur :

- Utiliser un moteur aux normes et faire régulièrement son entretien. Cela réduit les coûts de carburant en plus de protéger efficacement l'environnement.

- Utiliser du biogazole. Bien que les pratiques concernant sa production de masse puissent être sérieusement discutées, il est généralement admis que son empreinte écologique est nettement inférieure aux carburants à énergie fossile.

- Faire le plein loin de l'eau. Si cela n'est pas possible, je fais très attention à ne pas déverser du carburant sur mon engin ou dans l'eau.

- Garder des produits et des outils de nettoyage à portée de main. Si je déverse de l'huile ou du carburant à bord, je peux ainsi nettoyer les produits utilisés. Je n'utilise évidemment pas de solvants, qui pourraient nuire à l'environnement, et surtout à ma sécurité.

- Ne pas jeter l'eau contaminée par le carburant ou l'huile par-dessus bord. Aussi infime que la quantité de produits en contact avec l'eau présente dans mon bateau ait été, je ne l'évacue pas dans la mer afin d'éviter toute pollution.

- Recycler les produits utilisés pour le fonctionnement et l'entretien du moteur. L'antigel, l'huile, le carburant, et plus généralement tous les produits qui servent à l'entretien d'un moteur doivent tous être triés adéquatement. Je les conserve à bord jusqu'à ce que je pose le pied à terre.

Les gestes à avoir de manière générale :

- Organiser régulièrement le ramassage des déchets sur les sites et si possible dans et sur les eaux. Cela s'applique pour vos sites réguliers de pratique, mais rien ne vous empêche de ramasser quelques déchets sur un site que vous ne pratiquerez qu'une fois. Cela est facilité si vous exercez en groupe. Bien que cela ne relève pas des fonctions des usagers et concerne plutôt les opérations de voirie, la vigilance de tous permet de conserver des sites propres en toutes circonstances. Évidemment, ces déchets doivent être triés.

- Ne pas déranger les espèces. Que ce soit pendant la pratique, en observation, en camping ou même en pique-nique, je fais de mon mieux pour ne pas gêner les espèces qui m'entourent (par exemple en les effrayant, ou en les déplaçant). Cela permet de ne pas altérer le site que je pratique pour moi, pour les autres et pour l'environnement, et de plus cela garantit un moment agréable.

S'informer des lois et réglementations qui encadrent le sport pratiqué et les sites utilisés. Parmi les nombreux avantages dont ceux prévus par ces lois et réglementations, cela me permet également de ne pas être dérangé dans ma pratique par les gardes-côtes. C'est aussi une preuve de respect pour les autres usagers. Je communique également ces informations à ceux qui pourraient les ignorer.

- Prévenir les autorités si quelqu'un enfreint ces lois. Cela découle évidemment du principe précédent, pour les mêmes raisons que je respecte les lois, je les fais respecter.

- Faire attention aux déchets potentiels et à ceux produits. Je les trie et les jette au bon endroit.


Cette liste n'est évidemment pas exhaustive, mais elle permet d'avoir une bonne vue d'ensemble des principes qui permettent une pratique nautique sécurisée, respectueuse de l'environnement, sans nuire au plaisir éprouvé. Beaucoup semblent évidentes, mais malheureusement ne sont pas forcément appliquées. Beaucoup de personnes considèrent également que "juste une fois" ou "juste moi", "ce n'est pas grave", mais le risque est dans la généralisation de ces comportements.

Conduisons-nous comme des modèles pour donner aux autres l'envie de nous respecter, de respecter les générations futures, et de respecter l'environnement qui nous permet à tous de subvenir à notre existence et d'éprouver tant de plaisir dans la pratique du nautisme.

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