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Les différents aspects de l'écologie

Aujourd'hui, on entend beaucoup parler d'écologie. Le mot se répand rapidement, semble concerner tous les domaines de la vie quotidienne et influer sur les sphères politiques et économiques, sans qu'on ne prenne nécessairement le temps de s'intéresser à ce qu'est à proprement parler l'écologie. Mais c'est ce que nous allons faire dans cet article, et même un peu plus, en parlant de ses origines, et de la façon dont elle veut (et, semble-t-il, doit) s'insérer dans les différents domaines d'activité humaine.

Commençons par préciser que tous nos articles dédiés à l'écologie ou aux sciences qui la composent sont pensés comme une introduction. Vous trouverez à la fin de cette rubrique une liste de liens approfondissant le sujet pour ceux qui le souhaitent, mais la documentation sur le sujet est particulièrement dense et s'intensifie de jour en jour au vu de la place prépondérante que prend l'écologie dans les sciences, l'économie et la société, vous n'aurez donc aucun mal à trouver des informations sur Internet ou même en bibliothèque si nous avons réussi à capter votre attention.

Histoire du concept

Le mot "écologie" est dérivé des mots grecs "oikos" (maison, habitat) et "logos" (discours, science). Lorsqu'on parle d'écologie, on entend généralement la bioécologie (c'est-à-dire la science qui s'intéresse au développement et l'adapation de la vie dans différents milieux, l'interaction entre les différentes formes de vie dans ces milieux, et le lien entre ces milieux et la vie qui y habite), mais par soucis de simplicité nous nous en tiendrons au terme d'écologie.

On peut faire remonter la notion d'écologie aux premiers philosophes. On considère en Occident que la philosophie naît en Grèce Antique au Ve siècle avant Jésus-Christ avec Platon car c'est lui qui nous a laissés le plus d'ouvrages complets sur la métaphysique et les sciences en général, bien que l'on ait des traces éparses de philosophes grecs antérieurs. Si nous faisons ici coïncider la naissance de l'écologie et les premiers philosophes dont nous ayons des traces, c'est parce que ces philosophes prenaient des faits naturels et les idéalisaient en les érigeant en "principes". Si nous n'entrerons pas dans le détail, et si ce genre de pratiques spirituelles est probablement bien antérieure aux hommes qui nous ont laissé des traces écrites, il nous faut dire que ce genre d'idées place la nature au premier plan, et selon les idéologies, l'homme doit vivre en harmonie avec elle, ou s'y soumettre. Mais rares sont les philosophies faisant d'éléments naturels des "principes premiers" impliquant une domination de l'homme sur la nature, car ces philosophies basent toute la réalité sur un principe naturel qui préexistait à tout, y compris les hommes.

On peut même considérer que c'est un domaine qui, sous une forme ou une autre, a toujours existé chez l'homo sapiens, car l'écologie au sens large, touchant à la vie, touche aussi aux modes d'alimentation, à la gestion des ressources de cueillette et de chasse, à la confection de vêtements etc.

En effet, nomades et sédentaires ont toujours dû s'intéresser à la gestion du vivant (ou au moins à sa compréhension, si rudimentaire soit-elle) pour subvenir à leurs besoins. Le développement rapide de l'agriculture en Mésopotamie est un bon exemple : malgré de fortes contraintes (aridités et sols pauvres), la période mésopotamienne antique (- 9000 ans avant JC) marque pour beaucoup la naissance des grandes civilisations indo-européennes (bien que d'autres foyers d'agriculture permettent à d'autres civilisations de voir le jour à peu près en même temps dans d'autres parties du monde). Non seulement on peut admirer ces hommes qui en quelques siècles ont su aménager leur habitat, faisant preuve d'une certaine compréhension des écosystèmes et des rapports qu'ils entretiennent entre eux et avec l'ensemble du vivant qu'ils hébergent, mais il faut aussi considérer que la quête de la compréhension du vivant est encore antérieure : on estime que l'espèce Homo Sapiens apparaît vers -200 000 à -300 000 ans avant JC. De sa naissance à la conquête tout au moins partielle des écosystèmes qui l'abritent avec le développement massif de l'agriculture, l'homme doit connaître parfaitement les comportements des animaux qui l'entourent, les fruits comestibles, les plantes thérapeutiques, la confection d'outils avec son environnement etc. C'est déjà une certaine forme d'écologie, puisqu'il cherche à comprendre son environnement pour le contrôler. La différence principale entre cette écologie et la nôtre est la façon dont on fait aujourd'hui la science, voir plus loin nos considérations sur les révolutions scientifiques du XVIIe et XVIIIe siècles.

Mais les traces écrites qui s'intéressent à la science les plus anciennes que nous possédons viennent des phisiologoi (qu'on pourrait traduire par "ceux qui discourrent sur la nature"), philosophes pré-socratiques, du IXe au Ve siècle avant Jésus-Christ. Thalès, le plus ancien, considérait que l'élément premier qui définissait tout le reste de la nature était l'eau. Si ses théories sont difficilement apparentables à ce que nous appelons aujourd'hui "écologie", il faut là noter qu'une des idées les plus anciennes dont nous ayons des traces concerne un milieu naturel, bien qu'il lui soit ajouté tout un aspect métaphysique, et que ce principe était censé expliquer les interactions biologiques et physiques. Pythagore, fameux pour son théorème, lui aussi antérieur à Socrate, est à l'origine d'une pensée qui se veut protectrice du vivant, étant lui-même végétarien, et ayant donné lieu à des théories sur les interactions entre le vivant et les milieux dans lesquels il évolue.

Cette introduction historique qui pourra sembler bien longue à certains de nos lecteurs ne vise qu'à montrer que l'écologie, sous une forme ou une autre, de manière plus ou moins poussée, est depuis longtemps une préoccupation des hommes, bien que sa conception et ses enjeux soient d'un tout autre degré de nos jours. Nous pourrions également faire mention de mythes bien antérieurs à l'essor de la Grèce Antique, en Inde par exemple, centrés sur le rapport de l'homme à la nature, sur le rapport entre différents animaux entre eux et/ou par rapport à leur milieu. Mais jusqu'ici, tout est principalement centré sur l'éthique, et sur des spéculations métaphysiques, dont les fondements scientifiques au sens moderne sont discutables, ce qui n'empêche pas beaucoup de ces mythes et théories anciennes de contenir une certaine part de vérité.

En Occident, c'est avec les révolutions industrielles successives à partir du XVIIe, après la découverte de la méthode scientifique, que l'écologie au sens moderne naît. Par le développement de la physique, de la chimie, et par la suite de la biologie et de théories économiques et politiques, des centaines de scientifiques, appartenant à des branches différentes, posent les bases scientifiques des premières théories écologiques qu'on peut maintenant appeler scientifiques, en réponse aux problèmes environnementaux liés aux industries et aux questions soulevées par la compréhension toujours grandissante du monde qui les entoure.

La conception moderne de l'écologie

Plus récemment, l'écologie prend un aspect fondamental dans la société avec la prise de conscience des effets de l'activité humaine sur l'environnement. En 1972, le premier Sommet de la Terre à Stockholm, constitué de délégations internationales, donne lieu au Programme des Nations Unies pour l'environnement. L'économie se développe également autour de la problèmatique du développement durable, donnant lieu à des doctrines économiques innovantes centrées autour de la préoccupation de maintenir des sociétés prospères sur le long terme, et de donner ce niveau de vie aux sociétés qui n'en bénéficient pas. C'est là où l'écologie veut se matérialiser dans une optique très précise de préserver l'environnement pour les sociétés qui ne peuvent bénéficier d'autant de ressources que d'autres sociétés, et pour les générations futures. Nous développerons cet aspect précis de l'écologie dans un article suivant à propos du développement durable.

L'écologie devient politique, économique, sociétale, et même sujet de science pour elle-même. Hormis la volonté de transmission et d'équité des ressources, il y a aussi tout un aspect culturel à l'écologie. Dans d'autres sociétés qui n'ont pas eu de révolution industrielle marquée, cet aspect culturel se constate d'ailleurs très bien, il est parfaitement mélangé au quotidien des individus. Ce mouvement culturel écologique qui naît dans les années 1960-1970 ne se pense pas sans les nouveaux mouvements idéologiques qui naissent ou prennent leur essor à la même époque tels que le féminisme, l'altermondialisme, le pacifisme etc. Cet aspect culturel veut s'insérer dans l'ensemble des autres domaines du quotidien dans les pays développés, comme un "retour aux sources".

Cette nouvelle conception de l'écologie, portée par la science et des mouvements culturels divers, donne lieu à un changement de paradigme sociétal. Les révolutions scientifiques et culturelles des derniers siècles avaient placées l'homme au centre de l'univers. De nombreux penseurs ont ainsi participé à donner à toute une civilisation l'idée que l'homme pouvait sans être rappelé à sa nature d'espèce parmi les autres contrôler son environnement, y compris le vivant. L'écologie devient alors la prise de conscience des limites de l'anthropocentrisme. C'est également la (re)naissance en Occident de l'idée que l'homme n'est qu'une espèce parmi d'autres.

Un des passages les plus marquants de ce changement de paradigme culturel est la critique de la société de consommation. En effet, après la seconde guerre mondiale, les théories économiques et la nécessité de reconstruction (ou, dans le cas des États-Unis, de construction sur une grande partie du territoire), permettent un essor économique très important. En même temps naissent les critiques de ce nouveau modèle sociétal, par contestation et par conscience environnementale. C'est aussi la naissance de partis politiques qui axent l'essentiel des actions proposées sur l'environnement, parfois de manière quelque peu irréaliste, en France mais aussi dans d'autres pays.

Nous verrons que la génèse du développement durable recoupe beaucoup de choses qui sont contenues dans ce que nous appelons ici l'écologie politique. Néanmoins, cette dernière se distingue ontologiquement : elle est d'abord culturelle, vise une nouvelle façon de penser, là où le développement durable vise des actions concrètes directes, même si ces actions naissent de ces idées écologiques nouvelles. Cette naissance du développement durable s'accompagne aussi de la convergence de disciplines scientifiques diverses.


Aujourd'hui, si les sociétés ne sont pas complètement transformées par cette révolution écologique souhaitée par nombre de citoyens et d'instances étatiques, les thèmes majeurs de l'écologie sont mis en valeur dans bon nombre de pays, riches ou moins riches. L'insistance sur des actions visant la conservation de l'environnement, l'idée qu'il faut préserver la vie, que toute vie a sa valeur en elle-même, les réglementations, les taxes (carbone, droit à polluer etc.), les théories scientifiques, l'évolution de l'économie, et bon nombre d'autres choses, issues de domaines très divers que l'on n'a pas forcément toujours fait converger vers un même but, tout cela montre assez bien l'importance que prend de nos jours l'écologie. Mais comme nous l'avons vu, c'est un sujet qui a toujours occupé les sociétés, car on a compris très tôt que l'environnement et la vie qui l'habite sont liés, et que la survie de notre espèce passe par un contrôle de nos activités et de leurs effets ou au moins d'une harmonie avec l'environnement. La différence majeure entre notre époque et celles des civilisations antiques est l'intensité de l'impact de l'homme sur l'environnement (liée notamment au nombre d'humains et à leur mode de vie) et les moyens de contrôler cet impact, ou à défaut d'engager des solutions aux problèmes qu'il soulève, ainsi que l'échelle de ces problèmes (on pense aujourd'hui les écosystèmes à l'échelle de la planète, d'où les Sommets de la Terre, entres autres, là où bien souvent, mais pas systématiquement, on pensait les écosystèmes de manières séparées, voir notamment à ce propos les théories Gaïa).

On peut toutefois se demander si un des points précédemment soulevés, à savoir la façon moderne de considérer les écosystèmes, c'est-à-dire comme interagissant entre eux au niveau planétaire, est vraiment nouvelle, si l'intérêt porté à la préservation de nos ressources n'est pas qu'un oubli civilisationnel de quelques siècles. Au regard de l'attitude de beaucoup de peuples qui nous sont contemporains à l'égard de l'environnement, et même au regard des textes mythiques fondateurs de notre civilisation, on peut se rendre compte que l'idée que tout le vivant et ce qui le permet est lié dans l'espace et dans le temps n'est pas une idée récente. On peut probablement considérer que l'essor scientifique, tout en nous donnant plus de moyens de penser le vivant et d'agir sur lui, nous a aussi temporairement écarté d'idées présentes dans les traditions les plus anciennes en donnant à penser que l'homme peut se rendre maître de son environnement et ne pas en subir les conséquences.

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