Ressources

Introduction à la notion de développement durable

Nous avons vu en quoi il peut être profitable pour tous, particuliers, entreprises, collectivités, de s'engager dans des plans de développement durable, à cause de la pollution et des coûts qu'elle engendre. Mais qu'est-ce au juste ? Quels sont précisément ces plans ? Nous verrons aussi que le développement durable, s'il peut être mis au jour sous son aspect économique, ne concerne pas uniquement ce domaine.

Le rapport Brundtland des Nations-Unies dirigé par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement en 1987 est le premier document où apparaît le terme "développement durable" ("sustainable development" en anglais). Il y est défini comme "un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins". Il est aussi précisé que "deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité ; et l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.".

Selon cette définition, les ressources de la Terre appartiennent donc autant équitablement à tous les humains le peuplant actuellement, mais de la même façon aux générations futures. Le concept se veut donc spatial et temporel. Si le concept économique est nouveau, l'idée qu'il implique ne l'est pas vraiment. On trouve cette philosophie dans de nombreuses religions et dans des mythes qu'il est impossible de dater. On la trouve de manière plus ou moins affirmée au cours de l'histoire dans des textes discutant de la notion de justice, qu'ils soient politiques, philosophiques, mythique, religieux etc. Si cette idée concernait souvent des peuples limités dans l'espace, ou associée à une nation particulière, certaines doctrines ont voulu l'appliquer de manière universelle. C'est par exemple le cas du Nouveau Testament, qui promeut une idéologie qui se veut universelle, équitable et vivable (quant aux idées elles-mêmes ou à la façon de les mettre en oeuvre, nous n'en faisons pas la promotion, mais c'est un exemple assez connu dans notre culture). Néanmoins, l'apparition de ce concept comme doctrine économique constitue la première action internationale visant à donner corps à ce concept de manière globale et équitable, comprenant des plans précis d'application économiques, écologiques et sociétaux.

Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 sont déterminants dans l'histoire du développement durable. Leurs conséquences provoque une prise globale de conscience que les ressources de la Terre ne sont pas infinies, et par conséquent qu'une croissance sans fin telle que prônée par les doctrines économiques majoritaires (autant le communisme soviétique ou chinois que le capitalisme qui se veut mondial) est physiquement impossible. On comprend que jusque là, l'organisation des sociétés et du commerce dans les pays développés avait négligé l'environnement, du moins dans les effets à long terme produits. Cela ne veut pas dire que le fait était totalement ignoré : tout au long de l'histoire de l'humanité, l'environnement a toujours été déterminant dans les sociétés. Mais l'essor scientifique et industriel n'avait jamais donné lieu à un intérêt systématique pour l'environnement dans les sciences, les doctrines et les profits qu'il a développé et permis.

On s'inquiète du modèle thermo-industriel de nos sociétés, de la pollution que nos productions d'énergie impliquent, de notre incapacité à recycler les principaux moyens de production d'énergie (métaux lourds pour l'énergie nucléaire et pétrole pour l'énergie thermique), mais aussi de la consommation excessive de l'eau potable, de sa pollution, des effets autant sur les personnes que sur l'agriculture. Plus qu'un modèle de société, c'est aussi toute l'humanité qui est menacée.

Car les pays développés réalisent alors que les idéaux de démocratie, de justice et de liberté qu'ils ont pour la plupart adoptés, ne sont pas compatibles avec le développement de l'ensemble de l'humanité sur le long terme en l'état. Non seulement il n'y a pas assez de ressources pour que tout le monde puisse vivre comme un américain moyen par exemple, mais les désastres écologiques qui menacent les ressources et les sociétés sont d'abord subis par ces pays moins développés, à cause de leur situation géographique, de l'exploitation qu'ils subissent des autres pays (notamment délocalisation des industries très polluantes, voire même enfouissement des déchets des pays riches dans leur sol), des cycles du carbone, de l'azote et de l'eau perturbés par les captations importantes des pays occidentaux à l'époque. De plus, les entreprises, encore aujourd'hui, bénéficient de chartes leur permettant d'apposer leur propriété intellectuelle sur des ressources qui, pour beaucoup, sont censées être communes : l'eau, les médicaments, et même le vivant (en particuliers végétaux, voir les controverses Monsanto qui a acheté des graines de plantes pour les breveter et les modifier génétiquement afin de monopoliser le marché de certaines graines et de rendre illégale la culture de ces graines si elles n'ont pas été fournies par l'entreprise). Ces brevets sont au profit unique des sociétés commerciales qui les possèdent, même au dam (du moins à long terme) des pays qui les ont vues naître.

Il y a donc une inégalité environnementale (certains pays s'approprient par des lois internationales, des guerres, des contraintes économiques ou par pression politique les ressources d'autres pays ; ils sous-traitent leurs industries polluantes dans d'autres pays qui les accueillent, ou pour des profits à courts terme ou en y étant contraints), économique (le développement de certains pays se fait au détriment de celui d'autres pays, en les exploitant et en captant les ressources nécessaires à leur développement, et les doctrines économiques des pays développés sont fondées sur le principe d'inégalités naturelles), et sociale (l'empêchement du développement économique de certains pays les empêchent de s'occuper du bien-être de leur population). Évidemment, ces trois domaines sont liés. Une inégalité entraîne les autres. On pourrait aussi y ajouter une inégalité politique, en ce que de si grands écarts économiques entre les pays implique un manque de rayonnement international pour beaucoup de pays, bien que ce ne soit pas une nécessité.

Là où ces injustices s'expriment le mieux est probablement le fait que certains pays ayant atteint un excellent niveau de vie, et ayant pris conscience des problématiques économiques, environnementales et sociales que leur développement a mis au jour, doivent maintenant s'organiser pour faire comprendre aux pays qui sont moins (voir parfois beaucoup moins) développés que leur objectif d'avoir une société aussi riche que par exemple la France ou l'Amérique amènerait des conséquences désastreuses au niveau écologique. De plus, la plupart de ces pays, ou plutôt leurs citoyens et leurs entreprises, refusent de voir leur niveau de vie baisser. La plupart des initiatives étant censées aller dans le sens du développement durable (donc global) qui se sont démocratisées n'ont pour la plupart qu'un effet local (par exemple, le recyclage profite en majorité aux pays qui le pratiquent).

Ces inégalités sont actuelles. Mais une des solutions qu'apporte le développement durable est aussi le dévelopemment futur de l'humanité. En effet, quand bien même tel pays ne se soucierait absolument pas de l'exploitation économique et environnementale qu'il exerce et des inégalités qu'elle provoque, il lui faut encore se soucier de son propre futur, et les récentes études en matière d'écologie (qui participe d'une multitude de domaines scientifiques) montre que l'ensemble des écosystèmes terrestres et marins communiquent et s'influent entre eux. C'est une idée qui n'est pas forcément nouvelle, mais qui est aujourd'hui démontrée scientifiquement et qu'on essaye de prendre en compte dans l'économie moderne. Il est donc dans l'intérêt d'un seul de penser à celui de tous, ne serait-ce que par égoïsme forcené. Cela s'applique aux sociétés, mais aussi aux individus qui les composent. Ainsi, si aujourd'hui les pays développés consomment l'extrême majorité des ressources de la Terre pour une population minoritaire et que cela constitue déjà une injustice envers les autres pays, consommer ces ressources est aussi une injustice envers les générations futures qui ne profiteront pas de ces ressources et se trouveront très probablement dans des situations très compliquées liées au manque de ressources.

La formule employée par René Dubos au sommet sur l'environnement de 1972 : "penser global, agir local" peut résumer ce qu'est le développement durable.

De nombreuses iniatives sont mises en place dans le but d'un développement durable. Nous ne prendrons que l'exemple de la France pour en parler. On peut commencer par l'Agenda 21, créé lors du Sommet de Rio en 1992 dont nous avons déjà parlé, qui prévoit localement des programmes de conservation de l'environnement, de développement des activités humaines en harmonie avec les ressources présentes et futures des territoires. Il est l'exemple type d'une démarche locale qui se veut agir au niveau global. Pour exemple, voici l'Agenda 21 du Var. Notons que l'Agenda 21 se décline sur plusieurs niveaux : national, régional, département ou même communal. Mais dans tous les cas, son but est de se diriger vers un développement plus durable.

Plus généralement, on peut aussi parler des législations en faveur de la protection de l'environnement. De nombreuses lois sont mises en place, autant par les institutions nationales que régionales ou communales (par exemple la ville de Paris qui met en place la circulation alternée, la région Bretagne et ses législations sur les élevages et les "marées vertes", ou au niveau de l'État la taxe carbone ou la création de certaines institutions dédiées à l'observation et la réparation des activités et leur impact sur l'environnement, comme la Commission Française du Développement Durable). De plus, les idées du développement durable sont promues dans d'autres institutions, n'ayant pas nécessairement pour but la conservation de l'environnement, comme l'Éducation Nationale.

Mais il existe aussi des actions citoyennes, par le biais d'associations non-gouvernementales notamment. La liste des ONG s'étant engagées dans le développement durable, que ce soit leur but premier ou non, est particulièrement longue et pas forcément intéressante pour notre propos, mais on citera notamment Greenpeace pour la plus connue du grand public. Sans même parler d'ONG, on note aussi de nombreuses iniatives de particuliers au plan communal, par exemple des chartes de bonne conduite environnementale créées en accord avec les concitoyens proches (des gens d'un même village par exemple).

En outre, on peut aussi parler d'actions initiées par les entreprises. Bien que les lois se durcissent quant à la conservation de l'environnement et que certaines entreprises (ou particuliers) n'en font pas plus que ce qu'il faut pour rester dans la légalité, de nombreuses entreprises mettent en place des plans de développement durable pour leur activité. Le problème étant que ces programmes ne sont pas forcément convergents, puisqu'on ne peut demander à chaque entreprise de communiquer tous ses plans futurs de développement à l'entièreté des autres entreprises dans le seul but d'un accord global sur les formes que doivent prendre le développement durable. La convergence est majoritairement mise en place par le cadre législatif, mais il existe des accords entre certaines entreprises qui visent, au moins en partie, un développement durable commun. Par exemple les apiculteurs se mettent souvent en relation avec des horticulteurs ou autres exploitants végétaux. Le sujet est particulièrement vaste, de nombreux exemples et théories auraient leur place dans ce paragraphe, mais nous rappelons que tout notre propos n'est qu'une introduction.

Qu'il nous suffise donc de dire que le développement durable a des plans d'actions à toutes les échelles, et dans tous les domaines. Pour celui qui nous intéresse particulièrement, le domaine maritime, on peut déplorer qu'il est souvent plus négligé que le domaine terrestre par certains domaines d'activités et certaines échelles. Il est évident qu'un village situé en plein coeur de la France n'a pas d'actions durables pour la protection maritime, alors que certaines de ses activités, notamment agricoles, peuvent être dangereuse à long terme pour l'environnement. La question est alors généralement laissée aux instances gouvernementales, ce qui est un mauvais point au regard de la décentralisation que suppose les actions du développement durable.

De même, il est particulièrement difficile à certaines entreprises qui ont fait de la mer leur domaine d'activité, même avec toute la bonne volonté du monde, de mettre en place des actions durables pour des raisons économiques. Cela s'applique aussi évidémment aux autres domaines d'activité terrestres, mais cela est plus marqué pour la mer car l'espace à protéger est plus conséquent, moins connu, sujet à des lois différentes, et l'espace légal d'application est limité au niveau national quand il faudrait pouvoir mettre en place des législations universelles sur l'ensemble du domaine maritime en tenant compte des particularités écosystèmiques, culturelles, économiques et politiques de chaque région. Mais cela nécessite des accords internationaux, qui ne profitent pas nécessairement à tous dans l'immédiat. Ainsi, la mise en place d'actions durables dans le domaine maritime se fait surtout au niveau national, pour un domaine local très réduit, et avec des conséquences moindres par rapport aux territoires terrestres à cause du manque d'universalité quant aux législations et aux actions.

C'est pour cela qu'il est particulièrement important, à nous pratiquant des sports nautiques, de mettre en place des accords locaux avec tous les acteurs du domaine maritime pour protéger nos espaces d'exercice. Par exemple, la rade de Toulon, même étant un territoire priviligié et protégé par diverses institutions et actions citoyennes, est particulièrement polluée, notamment le sol marin. Cela s'explique par le désintérêt de la protection de la nature au cours du dernier siècle, mais aussi par le fait que les actions de protection se situent majoritairement dans la rade et aux alentours directs, alors que les écosystèmes marins, comme ceux terrestres, communiquent tous. Cette communication est d'autant plus difficile à protéger que les législations d'un pays à l'autre ne sont pas toujours les mêmes, que les accords internationaux ne sont pas forcément respectées, et que certains acteurs locaux soumis à la même législation ne la respectent pas nécessairement. De simples actions citoyennes, comme un rassemblement bénévole pour nettoyer les plages, peut participer à réduire nos frais de dépollution (nos impôts locaux), améliorer notre cadre de vie, voire même attirer de nouveaux flux économiques (tourisme par exemple, bien qu'il soit déjà particulièrement développé). Pour des actions que vous pouvez mettre en place lors de la pratique du nautisme, nous vous proposons ici une liste non-exhaustive d'actions que vous pouvez facilement et à moindre coût mettre en place (voire même, réduire vos frais liés à votre pratique).

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