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La pollution et sa place dans les sociétés humaines

On pense généralement la pollution comme une dégradation d'un écosystème par des éléments qui n'y sont pas trouvés naturellement, l'altérant de manière plus ou moins significative. Ainsi, bien souvent la pollution est d'origine humaine car notre espèce est la plus susceptible d'apporter dans un système donné un élément qui n'y a pas sa place. Mais on peut aussi considérer les retombées d'une éruption volcanique comme étant de la pollution. Selon cette acceptation, on peut donc aussi parler de pollution sonore. La notion interroge le concept de "nature" qui se trouve dans cette définition être opposé à celui de "culture", deux concepts que l'on peut penser autrement que par opposition. Un des enjeux de l'écologie moderne est justement de concilier ces deux concepts, afin de ne plus penser l'homme comme maître de ou subordonné à la nature, mais au contraire de les penser en harmonie.

Avec le développement des activités humaines, notamment depuis la sédentarisation de l'espèce, bien que les nomades produisent aussi des pollutions, la pollution s'est intensifiée. Comme pollution pré-sédentaire, on trouve probablement en tête de liste le feu et les déjections (selles et urines). En effet, non seulement il faut parfois faire appel à des éléments qui ne sont pas présents à portée de main pour produire le feu, mais sa combustion produit comme nous le savons du dioxyde de carbone dans l'atmosphère, et il laisse aussi des traces sur les sols. Néanmoins, nous parlons ici d'une époque où ces pollutions avaient un impact insignifiant sur les écosystèmes dans lesquels ils se produisaient, et quasiment nul à l'échelle planétaire.

L'essor des civilisations antiques pratiquant la metallurgie, bien que cela nécessite des feux puissants et engendre des métaux qui se retrouveront à un stade ou un autre dans la nature, eut un impact très négligeable à l'échelle planétaire, comparé à ce qu'ont pu engendrer les révolutions industrielles. Néanmoins, ces activités ont été sources de problèmes pour les écosystèmes locaux et les habitants des villes (notamment pollution de l'air). Notons aussi, que ce soit aux débuts de la sédentarisation ou aujourd'hui, que la pollution est beaucoup plus présente dans les villes que dans les campagnes. Cela s'explique principalement par le nombre et la concentration des individus et de leurs activités, autant industrielles que domestiques.

Dans les villes, la pollution, quelle que soit son origine, humaine ou "naturelle", a toujours été et est encore un problème majeur. Pendant longtemps l'évacuation des eaux usées, des déjections et des déchets divers a été un problème, quand bien même dés l'Antiquité on trouvait à Rome dans ses périodes fastueuses des réseaux d'eau courante et une voirie fonctionnelle (le Cloaca Maxima par exemple). Même lorsqu'il existe des solutions à ces problèmes, elles provoquent généralement des conséquences environnementales non prévues, ou acceptées comme un moindre mal.

Il est à noter que le concept de pollution s'inscrit dans un contexte temporel biocentré. C'est-à-dire que l'apparition du concept et la résolution des problèmes de pollution naissent de l'idée que la vie est importante et que le temps considéré est celui d'une vie d'homme, ou de plusieurs vies d'hommes. Si cela paraît tout à fait naturel de penser ainsi, il faut comprendre que ce qui est pollution en l'état actuel pour une ou des espèces en particulier peut devenir un formidable vecteur de vie par la suite. Si cela est difficilement concevable au stade actuel de l'avancée scientifique pour les déchets nucléaires et les métaux lourds en général, on peut prendre comme exemple le stockage des déchets organiques. On imagine facilement les nuisances que peuvent provoquer ce type de déchets, ainsi que les pollutions engendrées à court terme pour l'écosystème les abritant. Un stockage important et concentré de ces déchets sur tel écosystème pourrait forcer les espèces animales à migrer, et les espèces végétales à mourir du fait du changement brusque de la composition des sols. Mais à terme, c'est toute une vie souterraine différente qui peut être amenée à se développer. Cela se produirait sur un laps de temps assez court, mais sur des siècles, des millénaires ou des centaines de millénaires, c'est un phénomène qui peut mener au développement de formes nouvelles de vies animales. Bien sûr ceci n'est qu'une expérience de pensée, mais l'histoire du vivant a montré que le changement de composition d'un écosystème avait des effets sur les formes de vie les abritant, et c'est même un des thèmes de l'écologie. Ce paragraphe n'a pas pour but d'ouvrir une nouvelle conception de la pollution, mais d'amener à considérer que la pollution n'existe que selon un certain point-de-vue. In fine, comme l'avait observé Lavoisier : "Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme".

Aujourd'hui, les moyens de lutte contre la pollution sont nombreux et en constant progrès. Néanmoins les sources de pollution sont au moins aussi nombreuses, et il nous est souvent beaucoup plus facile et plus rentable (à court terme du moins) de polluer que de dépolluer ou au moins de s'astreindre à une certaine intensité de pollution. Sans même parler du reste des industries et des particuliers, les seuls engrais et pesticides à des fins agricoles coûtent, selon un rapport du Ministère de l'Écologie de 2011, entre 1 et 1,5 milliard d'euro par an. On se retrouve face au cas dont nous parlions précédemment : un problème (pas assez de productions, maladies végétales etc.) résolu (engrais et pesticides) en provoque un autre (pollution des eaux), qu'il faut alors résoudre. Ici, on se retrouve à la fin de ce cercle, puisque nous avons besoin d'eau pour vivre, et que notre nourriture pollue indirectement notre eau par ses moyens de production. Le problème de polluer les eaux n'est donc plus un moindre mal, mais un mal nécessaire en vue de notre mode de vie, et il nécessite une solution coûteuse, qui se trouve être la seule possible à l'heure actuelle, au vu de l'état de la science, de la volonté des industries et des particuliers à changer leurs modes de production et de consommation, des moyens engagés, et des politiques en place.

Cet exemple fait apparaître que la méthode de conservation de l'environnement la plus efficace n'est pas la dépollution effectuée lorsque l'on se rend compte que l'environnement devient invivable. Il faut engager des plans à long terme aux débuts de nos activités pour éviter ces coûts futurs. Et c'est le modèle que favorise actuellement l'État français et les taxes environnementales, à destination des particuliers ou des entreprises. Mais c'est aussi aux entreprises, aux particuliers et aux collectivités de s'organiser pour que ce modèle ne reste pas que théorique et n'ait pas pour seule fin de payer moins d'impôts pour l'année actuelle en exploitant les failles des législations à but écologique. La perspective à long terme permet non seulement d'optimiser son rendement en fonction des ressources nécessaires et présentes, mais aussi de réduire les coûts que la pollution effective ou potentielle engendre. C'est ce que l'on appelle le développement durable, qui fera l'objet du prochain article de notre section liée à la problématique environnementale, disponible ici.

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